Jeux Olympiques Tokyo 2020 | Le récap de la nuit du vendredi 30 Juillet


Teddy RIner

Chers licenciés, autant vous le dire directement, c’est une des plus grandes nuits de l’histoire de la FFL que nous venons de vivre. Désillusion tricolore sur désillusion tricolore, les pronostics ont tous été déjoués pour finir dans notre direction. Retour sur la nuit des longs couteaux. 

Tir au pistolet

Nous allons être tout à fait honnêtes avec vous, nous pensions que les épreuves de Tir étaient terminées après l’épreuve de skeet et le fameux « Moustache » du Koweït, notre chouchou des JO.

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Mais c’était sans compter la reprise d’épreuves, dont le tir au pistolet féminin avec 2 Françaises, Céline Goberville et Mathilde Lamolle. Mais si elles avaient atteint la finale du 10m, elles verront toutes les 2 celles du 25m s’échapper. Pour Mathilde Lamolle, ça ne sera qu’à seulement 2 petits points. Rageant, il y a 5 ans à Rio, son score aurait pu lui permettre de la jouer, cette finale. Pas de presqu’médaille, donc.

Natation

La natation française se trouve une nouvelle signature. Après des olympiades compliquées pour la FFL, la tendance est aujourd’hui à l’élimination frustrante pour un poil de cul de chameau.
Hier, Marie Wattel restait aux portes de la finale pour 1 centième, tout comme Yoann Ndoye-Brouard pour 14 petits centièmes.

Aujourd’hui, Mehdy Metella accompagne cette tendance au 100 mètres papillon. Après un départ canon dans sa série, il coince à 10 mètres de l’arrivée, payant peut-être une préparation tronquée par les blessures.

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Rugby à 7 (Femmes)

Engagées dans leur dernier match de poules cette nuit, les joueuses du rugby à 7 auraient mieux fait de rester à l’hôtel. Une prestation à très vite oublier face aux Canadiennes. Dès les toutes premières secondes de la partie, Séraphine Okemba n’a pas le temps et vient aplatir le premier essai. Inscrivant cinq points pour les Bleues. Les premiers, mais pas les derniers. Pas moins de trois essais sont accordés en première mi-temps. Cinq sur l’ensemble du match. En face, le Canada a encore des progrès à faire au niveau offensif. En effet, les Nord-Américaines ont marqué la bagatelle de zéro point. Cette bulle en attaque n’est pas anodine ; les Françaises possèdent la meilleure défense de la compétition. On ne peut pas en dire autant de leurs homologues du foot.

Cette victoire 31-0 conforte les Tricolores à la première place du groupe. Mais ne nous réconforte absolument pas en vue des quarts de finale. À suivre dès ce matin…

Escrime

Médaillés d’or à Athènes, Pékin et Rio, la France était invaincue depuis presque 20 ans aux JO, l’épée par équipe n’ayant pas eu d’épreuve aux JO de Londres. Autant vous dire que quand on voit les Japonais s’avancer sur la piste, on ne s’attend pas à grand-chose. 

Allez, peut-être une décontraction de Romain Cannone, champion olympique en individuel ? Même pas. Les Français vont faire la course devant, se faire une petite frayeur sur un relais de Cannone et arriver dans le dernier avec 2 touches d’avance.

Yannick Borel contre Koki Kano. 2 gabarits complètement à l’opposée, 2 allonges aussi. Le Français maintient le japonais à 2 touches d’avances, puis mène 44-43. Touche de match, 

Et c’est là que la magie tricolore opère. Kano ferraille sec et réussit à envoyer 2 touches en solo. En fer et contre tout, le Japon réussi sa 戻ってくる et la France, contre toute attente, sort dès les quarts de finale de la compétition. On pensait à ce moment que c’était LA déception de la journée, c’était en fait prématuré.

Athlétisme

 Première nuit mitigée en athlétisme puisqu’on a eu des performances attendues. Au disque, Lolasson Djouhan a réalisé un jet à 60,74 m. On avait adoré sa dernière sortie en Bleu où il avait réalisé 3 merveilleux lancers hors zone. Nous n’avons pas eu droit à la même qualité cette nuit, mais ça reste suffisant pour ne pas passer le cap des qualifications. 

Au 400 m haies, Ludvy Vaillant et Wilfried Happio savaient qu’ils n’avaient que peu de chance de finir à une place d’honneur en finale. Alors ils ont saisi l’opportunité de le faire quand ils le pouvaient, c’est-à-dire en séries. Avec brio. Chacun a fini 5e quand il fallait terminer dans les 4 pour passer. Du coup, la main sur le coeur, on a voulu leur donner une nouvelle chance. Les deux hommes sont finalement été repêchés au chrono.

Et puis, on a eu une bonne et une mauvaise surprise au 3 000 m steeple. D’abord la bonne. Djilali Bedrani, fort de sa 5e place aux derniers mondiaux, devait rentrer en finale plutôt facilement. On n’aurait pas dû douter puisque le Toulousain ne verra pas la suite de la compétition. Distancé dans les derniers 800 m, Bedrani nous a régalé en interview en rejetant la faute sur… le décalage horaire ! Ça y est, on la tient enfin cette excuse du jet-lag. On savait qu’elle pouvait arriver à n’importe quel instant, mais nous commencions à nous impatienter. 

Bon par contre, on est vite redescendu parce que quelques minutes plus tard, Alexis Phelut est parvenu à se hisser en finale au terme d’une dernière ligne droite où il est revenu du diable Vauvert (au moins). 

 

Du coup, on a le résultat qu’on attendait sur cette discipline : un Français en finale. Mais ce n’est pas celui qu’on attendait. La course à la presqu’médaille n’en sera que plus incertaine.

BMX

Trois Français présents en finale : Joris Daudet, Sylvain André et Romain Mahieu. Avec en tête un objectif de triplé. Grandissimes favoris, les deux premiers n’hésitent pas à se tasser dès le premier virage. Histoire de se rappeler que leurs principaux adversaires seront eux-mêmes avant les autres. Très vite, on sent bien que la finale commence à sentir le soufre. Les Bleus ne sont pas dans le rythme. Au fil des bosses, ces derniers dégringolent au classement. Voyant que, tout de même, le bronze lui tend les bras, Joris Daudet décide de s’envoyer au sol. Tout seul, avec panache.

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À l’approche de la ligne d’arrivée, Sylvain André prend le meilleur sur le reste du gruppetto. Quatrième. Et Romain Mahieu termine assis sur sa selle, dernier des cyclistes à avoir rallié l’arrivée. Ne pas placer un seul d’entre eux sur le podium, alors qu’ils sont parmi les meilleurs mondiaux, redonne un sens à nos Olympiades.

Côté femmes, toutes les attentes reposaient sur les seules épaules d’Axelle Étienne. Et comme souvent avec les athlètes français, l’espoir finira en douche froide. Deuxième à l’entrée du premier virage, Étienne parvient pourtant à améliorer la marque des hommes : 7e sur 8. Entre le cyclisme, le VTT et le BMX, nous avons été drôlement gâtés cette année.

Deuxième grosse désillusion de la soirée, mais le Judo arrive juste après…

Judo

 Mieux vaut tard que jamais. C’est con à dire, mais depuis le temps que Teddy Riner nous martyrisait, il était devenu ce vieil adversaire qu’on avait fini par respecter (pas apprécier non plus, calmez-vous). Nous étions Magneto, il était notre Professeur Xavier. Il était enfin temps de nous retrouver après tant d’années passées à se faire la guéguerre. Et on ne va pas se mentir, on a pris ippon sur ippon pendant 10 ans. 

C’est avec beaucoup d’émotion que tôt ce matin, nous avons vu Teddy Riner s’incliner en quart de finale du tournoi olympique. Face à un Russe, n°1 mondial, qu’on a longtemps cru incapable de se muer en juge de paix de cette opposition entre le judoka français et nous. Mais dans le golden score, grâce à un contre plutôt moche qui s’apparente plus à une poussée de centre en Football Américain qu’une prise de Judo, le roi Teddy est tombé de son piédestal. 

Tout ceci ne pourra pas nous faire oublier le passé et nos plaies sont loin d’être pansées. Mais ce qui est encore mieux, c’est qu’en parallèle, Romane Dicko se qualifiait pour les demi-finales de sa compétition, mais était complètement snobée par France TV, beaucoup trop sous le choc et qui préfère s’envoyer sur le trampoline pour oublier tout ça.

 

Ce matin, à l’heure de se refaire un énième café, la FFL est soulagée et regarde l’horizon le sourire aux lèvres. L’armistice est signé. Le temps de la paix est venu. Dorénavant, le 30 juillet sera férié à la FFL. Alors entre ici Teddy Riner, avec ton terrible cortège de médailles ! Les portes de notre Panthéon te sont ouvertes à présent. Ce n’est qu’une nouvelle aventure à nos côtés qui débute.

Trampoline

Avec le café et l’esprit du devoir accompli, on regardait les filles faire des vrilles et des saltos en trampoline pour savourer cette exceptionnelle soirée. Alors, quand Léa Labrousse s’élance, Nelson Monfort espère que sa performance permettra d’oublier un peu leur nuit très compliquée. 4 sauts plus tard, elle retombe sur le tapis. Fin du café et de ses espoirs.