Jeux Olympiques Tokyo 2020 | Le récap de la nuit du samedi 31 Juillet


On se doutait bien que la journée d’hier était un alignement des planètes pour nous procurer un jour de gloire comme peu pourraient arriver dans notre histoire. Mais retour sur terre aujourd’hui, avec de faux espoirs et des presqu’remontada. Dans le mauvais sens. 

Triathlon

 Puisqu’on n’en avait pas eu assez avec l’individuel, nos triathlètes français étaient de retour pour le relais mixte. Parce qu’ensemble, la lose est plus forte. Enfin, c’est ce qu’on pensait jusqu’à la mi-course puisqu’au final, l’équipe de France a décroché le bronze. On dira, sans mauvaise foi bien sûr, que ce n’est que l’exception qui confirme la règle. 

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Après son exemplaire presqu’médaille il y a quelques jours, Léonie Périault était chargée de mettre sur de bons rails ce relais taillé pour le titre. Comme rampe de lancement, la FFL ne pouvait rêver mieux. À la sortie de la natation, la Française est déjà reléguée à plus de 20 secondes du quatuor de tête (Grande Bretagne, Allemagne, Pays-Bas, USA). L’odeur de désillusion montait tranquillement à nos nez.

Mais ensuite, scénario catastrophe, Armageddon les amis ! Dorian Coninx et surtout Cassandre Beaugrand se mettent en tête qu’une remontada est possible. Et ils joignent la pensée aux gestes les bougres. Au moment de passer le témoin à Vincent Luis, dernier relayeur, l’équipe de France est 4e, le podium en ligne de mire. On vous laisse imaginer nos têtes de plus en plus déconfites au fil de la course.

 Et le début de course de Vincent Luis ne nous rassure pas. 3e au sortir de l’eau, le Tricolore rattrape Alex Yee en tête de course à vélo. On le déplore mais la médaille semblait assurée.

Finalement, Vincent Luis craque dans la course à pied et laisse l’Anglais et l’Américain partir devant, sûrement émoussé par ses efforts en natation et à vélo. Il y a finalement une justice dans ce bas-monde.

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Il aura fallu que le CIO crée une nouvelle discipline pour que le triathlon français décroche la première médaille olympique de son histoire. Vous allez nous traiter de boomers, mais la nouveauté, ça n’a pas que du bon.

Basket

Il y a des réveils sans espoir. Alors, quand ça sonne à 3h du matin pour voir France Iran en basket à la FFL, tu sais que tu as 99,9% de passer un reveil pas facile. Et ça va très vite se confirmer, face à l’équipe du vétéran de 38 ans Hamed Haddadi, seul Iranien de l’histoire à être passé par la case NBA. Et les papis et l’équipe de France, c’est souvent un combo gagnant. Souvenez-vous les misères qu’on pu nous mettre Pau Gasol ou Luis Scola.

Mais ici, pas de clim. Même pas un semblant de pet d’espoir pour la FFL. Fini les petites joies contre le LIban ou la Nouvelle-Zélande, cette équipe de France semble être du moule de celles qui ne laissent pas de place au doute. Bref, il est évident qu’après la victoire inaugurale contre les USA, ça suintait la mouise pour nous, mais chaque jour qui passe ne fait que renforcer nos craintes. Non, le seul moment de sourire fut finalement ce robot shooter à 3 points, qui aurait tout sa place en NBA.

Nous n’attendons plus qu’une chose donc, un France – Espagne. Le GOAT des affiches de basket internationales pour tout fan de basket tricolore.

Rugby à 7 (Femmes)

Victorieuses 24-10 face à la Chine en quarts de finale hier, les joueuses françaises du rugby à 7 sont impériales depuis le début de la compétition, avec 4 victoires en 4 matchs et le statut de meilleure défense du tournoi. Le craquage n’est qu’une question de temps se dit-on. Alors quand on apprend que les Bleues doivent se défaire d’un Crunch face à la Grande-Bretagne pour obtenir une place en finale, certains souvenirs s’entrechoquent dans notre tête.

Les débats sont équilibrés en ce début de rencontre mais les Françaises, emmenées par l’ennemie Anne-Cécile Ciofani, creusent l’écart en début de seconde mi-temps : 26-12. Sur la remise en jeu suivante, c’est donc logiquement que les Britanniques inscrivent un essai. Le fameux relâchement tricolore en action. 26-19. Il reste encore trois minutes à jouer. Vous devinez la suite ? Tandis que les Françaises doivent essayer de conserver le ballon jusqu’au coup de sifflet final, elles le perdent en moins de dix secondes. On aime l’idée. Les Britanniques ont tout le loisir de s’approcher de la ligne d’en-but des Bleues.

Mais sur une mauvaise prise de balle, la Grande-Bretagne est chassée, puis pénalisée. Une action française quoi. Les Bleues sont en finale. Et Jean Abeilho lâche un immense cri du cœur. 

Elles affronteront à 11h les Néo-Zélandaises, triples championnes du monde. Hâte que toute cette mascarade cesse enfin.

Athlétisme

 Le bal des qualifications se poursuit sur la piste du stade olympique de Tokyo. Pas vraiment de reine ou de prince de la nuit en équipe de France. À la limite, on aurait pu élire Laura Valette mais son faux-départ n’a été sanctionné que d’un carton jaune et elle a évité la disqualification. 

Même quand on croyait à la contre-performance et à l’élimination d’un Français, on s’est finalement retrouver climatisé. On pense notamment à Renaud Lavillenie qui a frôlé la correctionnelle à 5,50 m au saut à la perche. Mais au dernier saut, le Clermontois a fini par passer sa barre. Il est le seul des trois Français à passer en finale.

Mais le coup dur de la nuit a été donné par Pierre-Ambroise Bosse. Dans son pur style du joyeux luron impertinent, le spécialiste du 800 m nous a fait un pied de nez. 6e de sa série, il pensait (comme à peu près tout le monde) être éliminé, a commencé à discuter de la dure loi du sport avec Nelson et a remercié tout son monde comme si c’était la dernière fois qu’on le voyait. Sauf qu’au jeu des repêchages, PAB se retrouve dernier qualifié pour les demi-finales. À charge de revanche.

Et puis Mélina Robert-Michon a su se ressaisir après sa médaille d’argent de Rio en 2016. La lanceuse de disque ne nous fera pas d’autre infidélité puisqu’elle a terminé à la 13e place des qualifications quand les 12 premières accédaient à la finale. La meilleure des pires places. Même en qualifications, on prend.

Judo

Encore une journée où l’on tremble à la FFL. Forte de ses 7 médailles remportées jusqu’à présent, l’équipe de France de judo semble prête à nous infliger un énième (on a arrêté de compter) ippon dans la compétition par équipe. Ceci dit, depuis hier, il souffle un vent nouveau et la suprématie de nos judokas n’est plus si évidente. On en a eu le parfait exemple contre l’Israël en quart de finale. De là à dire que la défaite de Teddy Riner a désarçonné toute la sélection tricolore, il n’y a qu’un pas.

3-3 au tableau d’affichage après les 6 combats. Tiré au sort, un combattant va revenir sur le tatami pour un second duel, en golden score. Côté Français, c’est Margaux Pinot (-70 kg) qui doit s’y coller. Une aubaine se dit-on à la FFL : la Française n’est pas dans la forme de sa vie à Tokyo et elle vient de perdre son combat contre l’Israélienne.

Revancharde, Margaux Pinot fait fi de toutes les valeurs que la FFL lui a enseignées et qui lui ont permis de rentrer bredouille de l’olympiade (pour l’instant). Au bout du bout du bout du bout du golden score.

Au moment où on commençait à se dire que le miracle israélien était en marche, attaque de Pinot ! Ça fait ippon et victoire française, direction la demi-finale. C’était chaud mais coup de chapeau à l’Israël pour ce choke. C’est toujours beau de rendre hommage à d’autres grandes loses historiques.

 

 

Escrime (Femmes)

Après avoir facilement pris le dessus sur les USA (45-30), les sabreuses françaises étaient opposées aux Italiennes pour les demi-finales. Un parfait remake après l’incroyable remontada des fleurettistes tricolores. Mais cette fois-ci le scénario était inversé chez les sabreuses. En effet, ce sont bien nos Bleues qui mènent 12-4 en début de partie. Puis l’écart grimpe jusqu’à +16 (30-14) après le relais de l’infernale Manon Brunet et son 5-1 des familles. Mais pour nous rassurer, on se dit que l’écart était monté jusqu’à +11 au fleuret. Sans s’en apercevoir, on se place nous-mêmes dans la position de l’espoir.

Mais de là à se dire que cette folle espérance va se concrétiser, il y a un monde que Charlotte Lembach va combler aisément. Son relais est une pure merveille : 5-18. Qui plus est face à Battiston. La boucle est bouclée.

Cette dernière permet aux Italiennes de refaire leur retard et revenir à 35-32. En l’espace de 3 minutes 30. L’escrime est vraiment l’une des révélations de ces JO. Mais comme à chaque fois, Manon Brunet vient ruiner nos derniers espoirs. Un nouveau 5-1 claqué. Et c’est la FFL qui se prend une nouvelle claque. Victoire 45-39 des Bleues, et nouvelle finale ce midi face… à ces mêmes Russes. On s’impatiente déjà.