Jeux Olympiques Tokyo 2020 | Le récap à la mi-journée du samedi 31 Juillet


Il y a des jours comme ça, où on aurait du rester au lit. Comme un adversaire de Teddy Riner, on en a reçu de partout. Voile, planche à voile, Rugby, Judo, Escrime et on en passe des meilleurs. Bref, on va aller comater devant la Formule 1. 

Handball

Après avoir commis un faux-pas lors de son entrée en lice dans la compétition, et une victoire étriquée face à la Hongrie (30-29), les Bleues se sont bien rattrapées par la suite. Une défaite 28-25 contre l’Espagne et un nul 28-28 face à la Suède. De quoi les mettre dans une situation très confortable avant d’affronter la Russie : une victoire ou direction quasi assurée vers le tarmac de l’aéroport de Tokyo. Niveau pression on a rarement fait mieux comme gestion.

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Et sur le terrain ça se ressent direct. Les Françaises se font soulever par les Russes dans les premières minutes : 8-5. Mais alors qu’on était en train de réserver des billets Ryanair sur le banc de l’Équipe de France, les Bleues se mettent enfin à jouer au handball. Et infligent un 5-0 aux joueuses de l’Est : 10-8. Tout à refaire pour les Russes.

Les Tricolores maintiennent cette avance durant toute la partie. Mais ça, c’était avant d’entrer dans les cinq dernières minutes de la rencontre. Une bascule qui devient déjà légendaire. Pas besoin de réaliser un move entre France 2 et France 3, puisque le match est sur France 4. Non, la bascule au niveau du score. Un joli 5-1 encaissé, plaçant les Russes en tête (27-25).

Il ne reste que quelques secondes à jouer, et on est désormais sur une égalité parfaite. Les Russes reprennent l’avantage. Moment choisi par Allison Pineau pour intercepter une passe-chandelle de Kuznetsova, et partir toute seule en contre-attaque. À quelques secondes seulement du buzzer. Offrir un match nul pour rester en vie dans ces JO. Mais son ballon rebondit sur le genou de la gardienne. La dernière action ne donnera rien. Pineau reste assise au pied du poteau de longues minutes après le coup de sifflet final, ressassant sans discontinuer son geste héroïque.

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Voile

 

Voir des Français partir gagnant avant même que la journée ne commence, c’est dur. Avant la medal race de planche à voile, Charline Picon était assurée de repartir de Tokyo avec une médaille. Pour Thomas Goyard, il fallait un énorme concours de circonstances pour ne pas voir le podium Ce sentiment d’impuissance, c’est assez terrible pour nous. On comprend un peu mieux ce que ressentent les supporters de Dijon en Ligue 1.

 

Face à Charline Picon, nous n’avons rien pu faire. La Royannaise est passée en mode Jésus et a marché sur l’eau sur cette dernière manche. Mais ce n’était pas une raison pour la FFL de s’avouer totalement vaincue. La Française 1re, il fallait que la Chinoise Lu ne termine pas au-delà de 3e pour conserver sa 1re place au classement général. Problème : peu avant la dernière bouée, Lu est 5e. À la FFL, il y a péril en la demeure. Hors de question de se manger un back-to-back dans les dents par une véliplanchiste. Imaginez la crédibilité après ça. Alors, on l’avoue sans honte, nous avons eu recours aux autres nations pour éviter le déshonneur total. 

Juste avant la dernière bouée, les concurrentes polonaise et italienne ont gentiment cédé le passage à la Chinoise qui a pu aborder la dernière ligne droite 3e. Picon se contentera de l’argent, la FFL aussi. Le pire a été évité.

 

Mais du coup, on s’est pris le karma pleine tête pour la medal race hommes. Thomas Goyard a tout fait pour éviter la breloque et obtenir une presqu’médaille. 2e avant l’ultime manche, le Calédonien a réalisé un amour de faux-départ et a été disqualifié de la dernière course. On s’en remettait donc aux concurrents pour profiter de la situation. Sauf que les deux principaux adversaires susceptibles de doubler notre Frenchy sont eux-aussi disqualifiés pour faux-départ. À croire que personne n’en voulait de cette médaille d’argent. On comprend, une presqu’médaille est tellement plus honorable.

Jusqu’au bout, on aura calculé et douté avec les journalistes France Tv (qui ont dû s’entraîner au calcul mental avec ceux du tir à l’arc), mais Goyard conserve sa place au général et décroche l’argent. Pas de doute, faux-départ rime bien avec faux-espoir.

Rugby à 7 (Femmes)

Si le dicton « une finale ne se joue pas, elle se gagne » aurait pu être la maxime à suivre du côté de l’Équipe de France, il n’en a rien été. Pourtant les deux nations ont remporté leur 5 rencontres avant d’atteindre la finale. Mais tandis qu’on ne joue même pas depuis une minute, la défense tricolore explose en vol. 7-0. La gestion du trac toussa toussa.

Mais on doit bien avouer que les Bleues ont de la ressource. Ces dernières profitent d’une perte de balle des Néo-Zélandaises pour aller aplatir le ballon entre les perches. Mais ce n’est pas pour autant que la transformation est réussie. 7-5. Et bientôt 12-5. Puis 19-5 au buzzer. Se prendre un essai d’entrée de match et juste avant la pause, il n’y a rien de plus français.

À peine la seconde période est sifflée que les Bleues se font une nouvelle fois pénaliser sur leur attaque. À sens unique. Certains diront que c’est parce que l’arbitre est anglaise. D’autres parce qu’elle est anglaise. Mais on prend.

Malgré ce traitement de faveur, cette diablesse de Anne-Cécile Ciofani inscrit le second essai des Bleues. 19-12. Même pas le temps de croire à un retour au score que les joueuses de l’hémisphère sud font dérailler les Françaises. Ou comment leur faire payer ce sursaut d’orgueil de quelques secondes. Résultat final 26-12. La médaille d’argent et rien d’autre.

Judo

La nightmare team France est revenue une dernière fois sur le tatami et on va faire court parce qu’on est juste é-rein-té de cette olympiade. Par pitié qu’on en finisse ! 

Face aux meilleurs ennemis japonais, on avait eu chance de terminer sur une bonne défaite collective. Mais les bémols se sont enchaînés. Clarisse Agbegnenou (-63 kg) est passée en mode « toutes catégories » et s’est offerte la championne olympique des moins de 70 kg, Axel Clerget est parti au vestiaire mettre le bandeau de Naruto et Teddy Riner a fait un bisou Barthez à Sarah-Léonie Cysique juste après sa victoire. Que voulez-vous faire face à tout ça ?

 

Une pensée émue pour le dénommée Aaron Wolf. Judoka qui pèse 40kg de moins que Teddy Riner mais qui doit quand même se coltiner le Guadeloupéen en combat. Autant vous dire qu’il a vécu 7 minutes assez toniques.

Allez rideau ! 

Boxe

 Après une olympiade 2016 des plus honteuses, la fédération de boxe a tenu à ne pas rééditer le fiasco de Rio en terres nippones. À la FFL, on était surpris de voir Sofiane Oumiha, médaillé au Brésil, être choisi pour de nouveau représenter notre pays. Le doute a duré environ un round et demi. Le temps pour Sofiane de prendre une praline, de vaciller juste un peu mais suffisamment pour que l’arbitre décide d’arrêter le combat. Les joies de la boxe olympique !

Pour Bilal Bennama en revanche, pas de quoi remercier l’arbitrage. Son combat contre Bibossinov (à vos souhaits) a été équilibré mais le duel de distribution de patates a tourné plutôt logiquement en faveur du Kazakh.

Félicitations à la boxe tricolore qui démontre jour après jour une vraie capacité à réagir et à rebondir après des heures sombres. La FFL la soutient et prône sa presqu’exemplarité. Oui on dit « presque » parce que Mourad Aliev est pour l’instant le vilain petit canard de la boxe. On verra demain si l’on doit vraiment s’inquiéter ou non.

Escrime (Femmes)

France-Russie. Il y a des rencontres qui vous font saliver d’avance. Après avoir vaincu les Bleues en finale par équipe féminine au fleuret, les sabreuses russes avaient pour objectif de hanter pendant 3 ans l’escrime français. Confiants nous étions, confiants nous avons terminé.

Si en demi-finale Charlotte Lembach avait réussi un sublimissime 5-18 sur son relais, la Strasbourgeoise a claqué un 6-2 contre la numéro 2 mondiale. Excusez du peu. On a rarement vu plus irrégulier comme performance. Ou l’art de nous prendre à contrepied. Elle y compris. Mais lors de sa seconde apparition, Charlotte nous refait une Lembach. Tandis que les Bleues mènent 20-14, la native de Strasbourg s’effondre à nouveau : 3-11. Les Russes reprennent deux points d’avance. Et les Bleues ne repasseront plus jamais devant. L’arbitrage vidéo et les changements de sabre incessants auront bien aidé les Russes en même temps. Score final 45-41.

Deux finales face aux Russes. Deux perdues. L’amitié franco-russe ne s’est jamais aussi bien portée.

 

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