Jeux Olympiques Tokyo 2020 | Le récap de la nuit du jeudi 29 Juillet


Judo Escrime FFLOSE

Bonjour à tous, et bienvenue pour votre récap matinal habituel ! Au menu, une incroyable scène en aviron, des centièmes cruciaux en Natation et… bien sur… l’escrime. Snif.

Aviron 

Puisque hier, on s’était levé du mauvais pied avec l’aviron français, on s’est de nouveau levé pour nos rameurs cette nuit. Résultat : la même sensation de gueule de bois. (Note pour plus tard : combattre le mal par le mal, ça ne marche pas.) Lors de la finale du deux de couple poids léger, Laura Tarantola et Claire Bové nous ont bien mis à l’amende. Une course de folie certes mais un finish qu’on ne valide, mais alors pas du tout. À 500 m de l’arrivée, les Françaises étaient idéalement placées pour le plus beau des métaux (le chocolat), en 4eposition. Sauf que dans le money-time, elles n’ont rien trouvé de mieux à faire que de remonter tout le monde. À quelques mètres du terme, elles prenaient même la tête. « Pas comme ça, pas après tout ce que vous avez fait ! » Et comme en 2006, c’est l’Italie qui nous évitait le déshonneur complet, pour un cheveu. Grazie mille ! 

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Bien entendu, cette 2e place ne nous contente pas du tout, surtout qu’en aviron féminin, la disette de médaille durait depuis Atlanta en 1996. Faire fi de tant d’années d’efforts de la sorte : aucun respect pour les anciens.

Heureusement, comme hier avec le pantalon à l’envers de Matthieu Androdias, la lose en aviron résiste encore et toujours et parvient à se distinguer. Dans la toujours très utile finale B du deux sans barreur, les jumeaux Turlan nous ont offert le geste de la journée. Dépassés par les bateaux néerlandais et biélorusses, les Français ont tout fait pour revenir, jusqu’à tenter de prendre l’aspiration. Mais en vain. Voyez plutôt.

L’image qu’il faut retenir de la nuit, assurément.

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Natation

Plusieurs salles, plusieurs ambiances aujourd’hui en natation française mais un dénominateur commun. Des fameuses “places du con”. Et il y en a plusieurs en natation, la plus belle de toute évidemment, la numéro 4, mais aussi pour les demi-finales, la 9e. Celle qui te ferme les portes du saloon de la finale. Pas loin d’être la plus frustrante de toute quand on ne vise pas directement la breloque d’or. 

Nous avions quitté Stefan Küng hier qui fini au pied du podium pour 4 dixièmes, alors nous ne pouvions pas laisser ce sentiment de frustration ultime uniquement aux Suisses. Alors au terme du 100m Nage Libre, Marie Wattel finit au pied de la finale pour un tout petit centième de seconde, on ne peut quasiment pas faire plus rageant. 

Pour Yoann Ndoye-Brouard, en 200m dos, la journée fut assez cocasse. Eliminé hier pour le 200 dos, il a commencé sa journée pour aller supporter Maxime Grousset. Sauf  que le Chinois Xiu Jayul déclare forfait et le nageur se retrouve à préparer une demi-finale olympique d’un coup, comme ça. Et au finale, pareil que pour Marie Wattel: une 9e position, pour 14 centièmes cette fois. Commencer sa journée sans aucune ambition particulière pour finir à un rien d’une finale olympique, c’est tout un concept.

Et lors de la finale du 100m nage libre homme, nous allons enfin vivre une harmonie absolument parfaite. L’alignement des planètes qui fera que tout le monde sera heureux. L’athlète, Maxime Grousset, la FFL, les fans, les commentateurs, Nelson Monfort et tous nos compatriotes. En effet, en arrivant 4e de sa finale avec le 8e temps des qualifications, il améliore son rang , fait sa course sans regrets et nous offre une médaille du plus beau des cacaos. 


Une 4e place qui satisfait tout le monde, quoi de plus beau ici-bas?

Rugby à 7 (Femmes)

Pour leur entrée en lice, les joueuses françaises du rugby à 7 ont failli à leur mission. Opposées aux Fidjiennes, les Bleues ont encaissé le premier essai de la partie dès la 4e minute de jeu : 0-5. Ce n’est pas comme si on ne leur avait pas suffisamment rabâché que les entames de match étaient capitales. Mais on prend volontiers. Sauf que contrairement à leurs homologues du rugby à XV, ce sont elles qui ont fait subir un retournement de situation. Deux essais inscrits plus tard, les voici qui caracolent en tête : 12-5. C’est également le score final.

Face au Brésil, les Françaises n’auront plus le droit à l’erreur. Interdiction de s’imposer si elles veulent conserver une chance d’élimination au stade des poules. Rendez-vous à 10h pour le rachat des Bleues.

Judo

Le judo français nous aura donc accordé une journée de répit, pas plus. C’était hier. La FFL est repartie au charbon cette nuit mais elle a toutes les peines du monde à maîtriser les velléités des Tricolores. Chez les garçons (-100 kg), le destin nous a donné un coup de pouce précieux. Peu avant les Jeux, Alexandre Iddir avait confié que l’adversaire qui le gênait le plus était l’Azerbaïdjanais Kostsoiev. À votre avis, contre qui a combattu le Français lors du 1er tour ? Bingo ! La magie du tirage au sort. Un waza-ari plus tard, on pouvait se reconcentrer sur le gros morceau de la journée : Madeleine Malonga.

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La Tricolore, n°1 mondiale des -78 kg, n’a respecté personne en 8e en claquant un ippon au bout d’une minute de combat. Pour les quarts, encore un ippon mais pendant le golden score cette fois. Même quand son adversaire parvient à scorer en face (elle a subi un waza-ari), Madeleine parvient à s’en sortir. D’habitude, ça nous suffit mais là, on avoue que nos ressources s’épuisent. Bah oui, nous aussi on fatigue ! On rappelle que tous les ippons que mettent Agbegnenou et cie, la FFL les encaisse aussi. Allez, on prend un café et on se remet à l’endroit pour la demi-finale. La 4e place est toujours possible.

Escrime

Dans la catégorie féminine du fleuret par équipes, les Tricolores étaient confrontées cette nuit aux Canadiennes en quarts de finale. Sur les traces de Romain Cannone, les escrimeuses ont tenu à nous bousiller notre réveil. Jamais inquiétées par les Nord-Américaines, les Françaises s’imposent largement 45-29. Après un zéro pointé en individuel et pas mieux qu’un huitième de finale – oui cela nous met toujours du baume au cœur de le rappeler, surtout en des moments aussi compliqués – les fleurettistes affrontent les Italiennes en demi-finales. Avanti ragazze !

Les choses sérieuses commencent d’entrée dans cette partie avec l’opposition entre Ysaora Thibus et Alice Volpi, respectivement les 3e et 4e fleurettistes mondiales. Et bien sûr, la logique n’est pas respectée. C’est bien la Transalpine qui mène à l’issue du premier relai : 5-2. Mais Anita Blaze réussit à faire mieux encore que sa copine : 1-5. Deuxième relai, et déjà menées 10-3. Les escrimeuses françaises nous vendent du rêve.

Tandis qu’on regarde le match avec une rare sérénité, l’avance augmentant jusqu’à +11 pour les Italiennes, Pauline Ranvier ruine tous les efforts réalisés en début de rencontre. Et recolle à 30-25. Le match devient si intense que les escrimeuses ne se battent plus seulement avec le fleuret. On assiste dès lors à un corps à corps irrespirable, jusqu’à se mettre des coups de coude dans la tempe et s’écraser les chevilles. Tous les coups sont permis. Parfait remake du Bloodsport de JCVD. Niveau score, les Bleues reviennent à 36-33. Puis prennent les devants 43-42 !

On se surprend alors à commencer à y croire. La faiblesse. Pris à notre propre piège. Rêver d’une qualification en finale, et même d’une médaille d’or. Alors qu’on avait misé sur une breloque Côte d’Or. Mais Ysaora Thibus se fout bien de nos états d’âme, et enfonce pour la 45e fois le fleuret sur la combi italienne. On vous assure qu’on a ressenti la même douleur dans la poitrine que Errigo.