Formule 1 2012 | GP du Japon – Grosjean au septième ciel


Pour sa première saison en Formule 1 en tant que pilote titulaire, Romain Grosjean a vu les choses en grand. Ayant la réputation de jeune pilote rapide et talentueux en début de saison, il se voit très vite traité comme un véritable paria dès la mi-saison. Pour quelles raisons ? Accrochages, carambolages, craquages. Voici le combo gagnant pour se faire un nom dans la catégorie reine du sport automobile. Nom qu’il va sceller lors du Grand Prix du Japon, par un nouveau coup de génie. Retour sur cette course, sans aucun doute la plus aboutie de Romain.

Un début de saison proche du nirvana

Évoquer le Grand Prix du Japon 2012 sans revenir sur la saison en elle-même n’aurait aucun sens. Dès le début d’année, Grosjean plante le décor. Décor qu’il ne tarde pas à rejoindre dès la deuxième manche du championnat en Malaisie, après un tête-à-queue avec Schumacher. Une erreur de débutant pourrait-on dire. Oui, mais non. Muni d’un mental d’acier, Grosjean ne va pas en rester là.

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Les monoplaces adverses vont continuer de côtoyer les barrières de sécurité de week-end en week-end. Pas moins de cinq autres accrochages vont suivre lors de la seule première partie de saison. Et à chaque fois, lors du premier tour. Les victimes affluent de semaine en semaine : Perez en Espagne, Schumacher à Monaco, Di Resta à Silverstone, Senna à Hockenheim.

La trêve estivale intervient. Occasion parfaite qui s’offre au français pour se régénérer et essayer de perfectionner ses départs mortuaires. Message reçu cinq sur cinq. Dès la rentrée lors du Grand Prix de Spa-Francorchamps, Romain met à profit ses études studieuses de l’été. Un carambolage qui met sur le tapis trois voitures. Dont deux qui jouent le titre mondial. Et un Alonso qui avouera plus tard avoir cru mourir. Never give up, Romain.

Grosjean puissance 7

À la suite du strike belge, la FIA condamne injustement Grosjean à une course de suspension. Autant vous dire que la course suivante est d’un ennui mortel. Son retour à Singapour se déroule sans encombre. Mais c’était pour mieux noyer le poisson. Le Grand Prix qui suit, au Japon, va sceller à jamais la légende du français.

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Romain ne veut pas faire de vague. D’ailleurs il annonce direct la couleur.

« Depuis mon retour à Singapour, ma priorité est d’être extrêmement prudent au départ. » R.Grosjean

Il se fait discret durant tout le week-end. Même pas un concurrent tassé dans le bac à graviers pour la déconne. Rien. On se dit alors que les temps ont changé, même pour les meilleurs. Qualifié en 5e position, il s’élance finalement 4e à la suite d’un changement de boîte de vitesses de Jenson Button. Un imprévu qui décale Grosjean sur le côté droit de la piste. Excusez-nous, mais on essaye de chercher toutes les explications possibles à ce qui va arriver…

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Dimanche 7 octobre 2012. Suzuka. 14h. La course est lancée. Deuxième sur la grille, Webber prend le risque de rater son départ. Il se retrouve désormais troisième. Juste devant Grosjean. Erreur fatale. L’Australien ne verra plus jamais le podium en ligne de mire. Déterminé à contenir Perez à sa gauche sur l’extérieur, Grosjean oublie qu’il faut « également » regarder devant soi.

« J’étais concentré sur Perez et je n’ai pas vu le différentiel de vitesse avec Webber devant moi. Voilà. » R.Grosjean

Sous tous les angles, comme si on y était.

L’accident a provoqué un bouchon qui a causé aussi l’abandon de Rosberg. Eh oui c’est un nouveau strike. Après le belge, voici le modèle japonais. Les deux pilotes repartent avec des monoplaces endommagées. Webber terminera tout de même neuvième. Le français bon dernier. À deux tours du vainqueur Vettel. Professionnel jusqu’au bout.

Grosjean, le « dingue du premier tour »

Mais le pilote australien ne décolère pas. Après la course, il rejoint Romain dans son hospitalité et claque la porte en entrant. On se délecte rien qu’en imaginant la tête de Grosjean.

« Je n’ai pas vu ce qui s’est passé au départ mais mon équipe m’a confirmé que c’était de nouveau le dingue du premier tour, Grosjean. »
Webber, en colère a priori

Un tantinet susceptible, le pilote Red Bull en rajoute une couche face à la presse : « Nous essayons tous de nous battre pour obtenir des résultats décents chaque week-end mais lui, il essaye juste de rejoindre le troisième virage aussi vite qu’il peut à chaque course ». Jaloux.

« Peut-être qu’il a de nouveau besoin de prendre des vacances ! »
Webber, conseiller touristique

Propos suivis par ceux du patron de Red Bull, Christian Horner : « Grosjean coûte à son équipe ainsi qu’aux innocentes victimes qui ont croisé sa route ». Un énième hommage vibrant. Heureusement, Romain pourra toujours compter sur le soutien de son équipe. Notamment de son directeur Éric Bouiller : « Il n’a pas d’excuse, c’est une erreur qu’il ne doit pas faire, il doit faire attention à son environnement ». Un pour tous, tous contre Romain.

Morale de l’histoire ?

Tu peux faire 1 accident, mais pas 7.

Tu peux faire 7 accidents, mais pas 7… Ah bah oui tu peux.