Championnats d’Europe 2022 | La presqu’presque-médaille de Jules Pommery


Jules Pommery

Nous pensions que l’entrée en lice de l’athlétisme dans les Championnats d’Europe serait un long fleuve tranquille. Mais Jules Pommery a préféré nous jouer un très mauvais tour au saut en longueur. Rappel des faits.

Après la journée noire de lundi et les quatre médailles d’or empochées par la délégation française, nous espérions connaître un mardi plus calme. Et pour cela, rien de mieux que l’athlétisme, pensions-nous naïvement. Pourtant, tout avait bien commencé. Dès les demi-finales du 100 m hommes, deux des trois Français engagés ne se qualifient pas pour la finale. Parmi eux, Jimmy Vicaut. Vous avez vécu une sale année ? Rassurez-vous, vous auriez pu vivre celle de Jimmy.

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« Toute l’année ça n’a pas été comme je voulais. Je n’ai pas été qualifié en salle, aux mondiaux cet été, et le seul Championnat où je pouvais faire quelque chose, je ne fais rien du tout » J. Vicaut

Au moins c’est dit, force à lui.

Jules Pommery subit la lose de plein fouet…

Aux côtés de la finale du 100 mètres, se tenait celle du saut en longueur. Et un Français parvient à se faufiler parmi les douze meilleurs européens : Jules Pommery. Il faut dire que le natif de Cosne-sur-Loire nous cueille à froid avec un saut à 8,06 m lors de sa quatrième tentative, à égalité avec le Britannique Jacob Fincham-Dukes, second. Jules améliore au passage de 21 cm sa propre marque, nous n’en croyons pas nos yeux. La planche est propre, il s’agit tout simplement d’une attaque ad hominem envers la FFL.

Mais dans le money time, patatra. Lors de son ultime tentative, le Suédois Thobias Montler saute lui aussi à 8,06 m. Le saut en longueur a une règle bien pensée ; en cas d’égalité entre deux athlètes ou plus, il faut comparer leur deuxième meilleure marque pour les séparer. Si Jules a réalisé un modeste 7,85 m, il ne peut rien face aux 7,95 m du Suédois et aux 7,97 m du Britannique. Vous l’aurez compris, Jules Pommery est purement et simplement délogé du podium. Cocorico.

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… avant de se jouer de la FFL

Avec cette médaille de chocolat autour du cou, il vaut mieux ne pas être sujet aux crises de foi. De toute manière, Jules ne va pas avoir le temps de la savourer. Seulement 1h40 plus tard, une nouvelle brutale tombe : le Britannique Jacob Fincham-Dukes est déclassé pour avoir mordu son meilleur saut de quelques millimètres. Le Britannique chute à la 5e place, ce qui entraîne une cascade épouvantable. Jules Pommery récupère la troisième place, la médaille de bronze et offre par la même occasion la première breloque à l’athlétisme français lors de ces Championnats d’Europe. Le zéro pointé n’est désormais qu’un lointain souvenir. Quelle tristesse.

Et comme si ça ne suffisait pas, cette annonce inattendue a un autre effet indésirable ; celui de nous faire manger un Contre-kems de l’espace d’une violence inouïe.

Rarement nous nous sommes montrés si inspirés. Vanner un sportif qui échoue à la 4e place avec la même marque que le second, pour finalement subir une médaille de bronze sortie de nulle part. Une autohumiliation dans les règles de l’art de notre part. Mais le sommet de l’humiliation reste sans aucun doute la décontraction déconcertante de Jules dans l’attente de l’officialisation de sa 3e place.

« Pour gérer l’attente, j’ai mangé des bonbons » J. Pommery

Qui parlait de déboucher le champagne déjà ? Amateurs.

On va finalement reboucher le champagne, comme les Italiens avec leur Prosecco lors de la finale de l’Euro 2000. Même chaîne de montagnes, même combat.

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