La sortie vélo entre copains pourrait être un moment simple : quelques dizaines de kilomètres, un café, et une bonne discussion entre amis pour oublier les tracas de la semaine. Sur le papier seulement, car dès que plusieurs cyclistes se retrouvent sur la même route, une faune très particulière fait rapidement son apparition.
Voici 10 types de cyclistes que vous croiserez forcément en sortie de groupe. Malheureusement pour vous, il y a de fortes chances que vous vous reconnaissiez dans l’un d’entre eux.
10. Stats Man
On commence ce top avec Stats Man, l’homme qui mesure plus vite que son ombre. D’ascendance allemande, ce drogué aux données ne laisse absolument rien au hasard.
Capteur de puissance, capteur de fréquence cardiaque, capteur glycémique… Le simple mot « capteur » suffit à déclencher un shot de dopamine chez celui qui connaît ses zones par cœur.
Ne lui proposez surtout pas une pause-café à Stats Man, au risque de vous prendre une rafale d’insultes à consonance germanique. Aujourd’hui, il doit impérativement boucler 3 x 15 minutes à 162 watts pile.
9. L’insolent
L’insolent se distingue par un camouflage redoutable. Sa dégaine de touriste (combo VTT, short large et maillot de club tout droit sorti des années 90) dissimule en réalité un rapport poids/puissance insoupçonné.
En effet, l’insolent vous mettra à l’amende dès la première bosse. Une banane à moitié écrasée lui suffira largement pour tenir la sortie de 90 bornes prévue ce jour-là.
Peu importe que vous veniez de vous faire humilier par un type sans aucune dégaine. L’insolent n’ayant pas Strava, personne ne le saura 🤫.

8. La fashion victim
Craquer son PEL pour s’offrir le dernier ensemble Rapha ? La fashion victim n’a pas hésité une seconde.
Sur le vélo, elle est rarement la plus forte du groupe. Mais question style, difficile de rivaliser : Pinarello dernier cri, chaussettes assorties au cintre, lunettes aérodynamiques… un véritable catalogue « Le Café du Cycliste » roulant. Dommage que ce magnifique montage finisse souvent par se faire déposer au train par un type en VTT et maillot de club 1994.
Lachée par l’insolent dans la première bosse du parcours, la fashion victim préférera prétexter un problème mécanique pour préserver un semblant de dignité, à défaut de préserver son équilibre financier.

7. L’ancien
Maillot “L’Ardéchoise” au design vieillissant, vélo Gitane des années 90, cuissard qui a connu trois générations… Sous son casque et ses lunettes jaunies, on reconnaît l’ancien à son esthétique immédiatement identifiable.
Matinal, il est le seul à réussir à échapper à la canicule estivale. La plupart de ses sorties sont bouclées à 7 h du matin, “avant que les petits-enfants soient debout”.
Pas de capteur de puissance, pas de cardio, pas même de GPS. L’ancien est un dur au mal. Son effort, il le jauge à la quantité de bave émise à la minute. Si le mot “watt” lui est totalement inconnu, il prendra en revanche un malin plaisir à humilier Stats Man, souvent accompagné de l’insolent.
Doté de pneus de 17mm gonflés à 10 bars, la moindre aspérité peut toutefois lui être fatale.

6. L’emprunteur
« Quelqu’un a une pompe ? », « Quelqu’un a un maillon rapide ? », « Quelqu’un a une chambre ? ». Si ces phrases vous disent quelque chose, c’est que vous avez déjà roulé avec l’emprunteur.
L’emprunteur part systématiquement avec zéro équipement et considère le groupe comme un Décathlon ambulant. Astucieux, il laisse ainsi ses copains porter le matériel dont il prétend ne pas avoir besoin car, selon ses dires, il n’a jamais crevé.
Une stratégie dangereuse qui lui vaudra quelques retours de sortie en stop et l’achat d’un t-shirt FFL Crevaison Cycling Club dans la foulée.
5. Le KOM Hunter
Contrairement à l’accro aux stats, le KOM hunter est en quête de reconnaissance sociale. Lui ne roule pas pour les watts : il roule pour les couronnes.
Les segments autour de chez lui ? Il les connaît tous par cœur. Conseillé par la fashion victim, il a acquis le dernier compteur Garmin connecté en live à Strava, qu’il scrute minutieusement toutes les 30 secondes en attendant le début du prochain segment.
Le KOM hunter ne manquera d’ailleurs jamais une occasion de pourrir la sortie du week-end pour tenter d’aller chercher la couronne qu’il convoite depuis des mois.
Un peu filou, il n’hésitera pas à créer des segments dans des ruelles méconnues de son village, histoire de voir apparaître quelques couronnes sur ses sorties et de s’offrir sa petite dose de lumière.
4. Le Chasseur de panneaux
Doté d’un esprit de compétiteur qui frôle le pathologique, le chasseur de panneaux bondit sur ses pédales dès qu’il aperçoit la moindre pancarte. De quoi sérieusement agacer le reste du groupe, pourtant parti ce jour-là pour une sortie tranquille.
Panneaux de village, de hameau, publicités… le chasseur ne fait pas la différence, tant qu’il a l’occasion d’appuyer sur ses pédales comme un demeuré.
Persuadé qu’il aurait pu avoir une carrière de pistard, il met toutefois le clignotant plus vite que son ombre dans toutes les bosses de plus de 200 mètres.
Mais ça, le chasseur de panneaux s’en moque, tant qu’il garde sa place de leader au classement des pancartes, auquel il est le seul du groupe à participer.
3. Le faux tranquille
“Aujourd’hui c’est récup” et puis ça finit à 180 BPM dans la première bosse à se tirer la bourre. Tous les cyclistes l’ont déjà expérimenté. La faute au faux tranquille : ce type qui annonce lever le pied, mais dont l’ego reprend systématiquement le contrôle dès que la route s’élève.
C’est d’ailleurs souvent le même qui postera ensuite “petite sortie tranquille entre copains” en légende sur Strava. Heureusement, ses courbes de fréquence cardiaque restent là pour rétablir la vérité auprès des enquêteurs les plus méticuleux.
2. Le GPS humain
Profil hautement compatible avec celui de l’ancien.
Le GPS humain n’a pas besoin de compteur pour lui indiquer la trace. Il connaît tout: les petites départementales, les raccourcis, l’heure d’ouverture du café sur le parcours, etc.
Fort de 40 ans de bornes dans le secteur, il salue tous les agriculteurs par leur prénom et commande “comme d’habitude” au café de fin de sortie.
Incollable au jeu des numéros de départements, il est capable de situer Château-Gontier-sur-Mayenne sur une carte sans hésiter. Un vrai atout dans un groupe, surtout quand ton GPS (le vrai) décide de planter au milieu d’un chemin boueux.

1. Météo man
Windy, Météociel, Météo Agricole… Météo man les consulte tous quotidiennement. C’est le seul mec susceptible de décaler la sortie de groupe au dernier moment à cause d’un risque de 15% de précipitations stratiformes venues de l’ouest.
Spécialiste de l’anticyclone des Açores, c’est aussi le plus stressé du groupe. Il transporte en permanence un k-way de secours, même en plein mois d’août dans les Bouches-du-Rhône.
D’une inéfficacité redoutable, Météo man modifie le parcours toutes les 3 minutes pour éviter les nuages… mais finit presque toujours par prendre la pluie. L’occasion idéale de pester contre ses applis météo, qu’il jure “ne plus jamais consulter”, avant d’y retourner inévitablement le soir même.

