Thibaut, tu nous fais perdre les pédales…


Pinot tour des alpes
Photo : Iconsport

Qui sommes-nous ? Quel est notre but sur cette planète ? Pourquoi sommes-nous là ? Depuis hier, on ne sait plus trop. Pour la première fois depuis… depuis jamais, nos coeurs desséchés de rapaces avides de défaites ont pris un coup. Un coup qui se nomme Thibaut Pinot. 

Engagé sur le Tour des Alpes pour rompre sa série glorieuse (et maudite) de plus de 1000 jours sans la moindre victoire, Thibaut Pinot y a cru lors de la quatrième étape. Avec plus de 30 secondes d’avance sur ses poursuivants à 4,5 kilomètres du sommet de Kals am Grosslockner, le coureur de la Groupama-FDJ avait semble-t-il fait le plus dur.

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Attaque de Thibaut Pinot

Unique arrivée au sommet lors de ce Tour des Alpes, on se doutait bien que Thibaut Pinot avait coché la date d’hier. Parti dans une échappée formée à 70 kilomètres de l’arrivée et contenant plus de quinze coureurs, Thibaut semblait dans son élément. Généralement à l’aise dans ce genre de scénario de fin de course ouverte, le Français se rappelle du bon vieux temps et place une attaque à dix bornes du sommet. Pas un seul coureur pour le suivre sur la durée. Alors certes la forme n’est pas optimale, mais le panache est lui toujours intact.

Première alerte côté FFL. Non pas parce qu’on sent que la victoire de Pinot peut devenir une option, mais parce qu’on se surprend à vibrer de façon marcmadiesque devant le panache du natif de Lure, plus inquiétant encore, à le soutenir. Mais qu’est-ce qui nous arrive, bordel.

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Le dernier kilomètre

Et puis à 900 mètres de l’arrivée, ce qui devait arriver arriva. Miguel Angel Lopez revient sur Pinot qui active son mode danseuse légendaire pour contrer le Colombien, mais rien n’y fait. Les efforts consentis durant son échappée se payent cash et Lopez le crucifie à quelques hectomètres du sommet.

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L’arrivée de Thibaut se fait dans la douleur, deuxième de l’étape certes, mais le Français était venu chercher autre chose sur ces lacets. Plus qu’une victoire encore, une délivrance au vu des moments très compliqués vécus par Pinot depuis la Grande Boucle 2019. Déjà, la FFL reçoit ses premières mentions Twitter : « les gars, masterclass de Pinot !« .

La mine désemparée, son interview d’après-course vient néanmoins museler et achever notre dernier sursaut d’envie de célébration de cet échec. C’est assez. Cette fois-ci, c’est trop dur. Même pour la FFL.

Foutue poussière dans l’œil.

« Ça m’aurait fait du bien de gagner aujourd’hui et de tourner cette page de merde » T. Pinot

Alors oui, toutes les fédés ont leurs failles. La FFF a eu Raymond Domenech. La FFT a eu le tennis français. Et bien la FFL a Thibaut Pinot. Il faut dire qu’on doit beaucoup au Monsieur. De l’autodérision en barres, des photos de chèvres bien senties sur Instagram, mais aussi la préface de notre bible, et son titre, puisque l’idée de « Bible de la Lose » vient de lui.

Mais voilà pour une fois, le prochain chapitre qu’on souhaitera écrire sur Thibaut est un chapitre victorieux. Parce que pour bien apprécier la défaite, il faut aussi récolter son lot de victoires avant. VAS-Y MON GRAND.