Silverstone 1998 | La victoire de Schumacher dans les stands


Michael Schumacher

Le Grand Prix de Silverstone 1998 représente sans doute l’une des victoires les plus folichonnes de Michael Schumacher. Un bonheur de courte durée pour les amoureux du panache. En effet, la FFL ne le sait pas encore, mais la France va décrocher son premier sacre mondial au football quelques heures plus tard.

En 1998, la Formule 1 sort à peine de l’écrasante domination des Williams-Renault. Champion du monde en titre, Jacques Villeneuve espère récidiver ; ce sera finalement une 5e place à 71 points du vainqueur. L’année précédente, il avait justement livré un mano a mano délirant face à Michael Schumacher. Ce dernier, réputé pour son fair-play légendaire, avait fini par se faire exclure du classement du Championnat du Monde pour un pilotage anti-sportif lors de la dernière course. C’est donc en toute logique que l’Allemand veut ramener la Scuderia au premier plan.

McLaren intouchable

Lorsque la Formule 1 pose ses valises à Silverstone en 1998, Mika Hakkinen mène le championnat avec 50 unités, contre 44 pour son dauphin Schumacher. Toutefois, c’est bien le pilote Ferrari qui a le vent en poupe ; il vient de remporter les deux dernières courses et 20 points au compteur, quand le Finlandais n’en a marqué que 4. Mais dès les qualifications, on se rend bien compte que la McLaren est sans doute la meilleure voiture de la saison. Hakkinen claque la pole avec une facilité déconcertante, et inflige près d’une demi-seconde à Schumacher (+ 0.449s). Les équipiers Coulthard et Irvine sont tous deux repoussés à plus d’une seconde, alors qu’ils signent les 4e et 5e temps. Et Ricardo Rosset termine dernier avec un temps flashé à 5,3 secondes du poleman ! La domination actuelle de Red Bull passe pour un suspense haletant.

Sous un déluge, Schumacher ne parvient pas à doubler Hakkinen au départ. Pire, il se fait dépasser par Coulthard suite à une petite erreur. Mais en bon gentleman, l’Ecossais ne tarde pas à lui rendre la pareille. Alors qu’il cherche à doubler un retardataire, Coulthard roule sur une flaque d’eau et termine dans les graviers de Silverstone. Schumi récupère sa deuxième place, mais 24 secondes derrière le Flying Finn. Puis 40 secondes. La McLaren écœure tout le plateau, à commencer par Jos Verstappen dans sa Stewart, qui ne se doute à aucun moment que son fils Max fera de même 25 ans plus tard.

Withing, maître spirituel de Masi

Si Michael Masi est réputé pour être un directeur de course qui privilégie l’entertainment, il n’était en rien le précurseur. Bien avant lui, le mythique Charlie Withing avait de la suite dans les idées. Alors que les monoplaces font face à un torrent d’eau sur la piste, et qu’il ne reste plus que 11 pilotes seulement, Withing fait sortir la voiture de sécurité. Ou comment faire passer l’écart de 40 secondes entre Hakkinen et Schumacher à aileron contre aileron.

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La course est relancée, et Schumacher double sans problème Hakkinen, dont l’aileron a été endommagé quelques tours plus tôt. Alors que l’Allemand s’envole en tête de la course, son team l’avertit qu’il va peut-être écoper d’une pénalité de 10 secondes pour avoir doublé un pilote sous drapeau jaune 10 tours auparavant. La direction de course fait bien les choses, et attend l’avant-dernier tour pour officialiser la pénalité. Schumi possède 22 secondes d’avance sur Hakkinen, et voit deux solutions qui se présentent à lui ; soit il franchit la ligne d’arrivée et voit son temps reculé de 10 secondes, soit il effectue un stop-and-go. Manque de pot pour lui, sa radio ne fonctionne plus, alors dans la panique l’Allemand décide de rentrer aux stands dans le dernier tour. Le début d’un moment de légende.

Schumi vainqueur dans les puits

Vient alors le dernier virage du dernier tour. Au lieu d’effectuer son légendaire zigzag pour célébrer sa victoire, Schumacher plonge dans les stands. Il reste immobilisé durant 10 secondes dans le clan Ferrari, puis redémarre et franchit la ligne d’arrivée… depuis la pit-lane. Mais la Scuderia ne sait pas encore si elle peut fêter la victoire ou non, l’incertitude règne en maître à Silverstone.

La victoire est finalement officielle pour Schumacher. L’Allemand vient de réaliser une première dans l’histoire de la F1.

« C’est la première fois de toute ma carrière en sport automobile que je ne connaissais pas, dès l’arrivée, le résultat » J. Todt

Vous vous en doutez, le son de cloche est légèrement différent chez l’écurie de Woking.

« Si nous avions été informés, Mika aurait attaqué à fond. Cette course est faussée ! » J. Ramirez

Ce n’empêchera pas Mika Hakkinen de décrocher sa première couronne mondiale en fin de saison.

Tom