Mondiaux Hand | La France gagne une bataille, mais pas la guerre


L’Équipe de France de handball a décidé de nous rendre chèvre dans ce championnat du monde en Égypte. Vainqueurs de leurs six premiers matchs de poules, les Bleus disputaient ce soir leur première rencontre à élimination directe face à une Hongrie décomplexée. Retour sur un match haletant, au dénouement cruel.

Les français sont entrés dans la compétition face aux norvégiens, les mêmes qui les ont éliminés lors de l’Euro 2020. Mais en cette année 2021, les Tricolores ont décidé de tester nos nerfs. Et débutent par une victoire 28-24 face aux scandinaves. S’en suit trois balades de santé face à la Suisse, l’Autriche et l’Algérie.

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Le second tour de la phase de groupe place de nouvelles sélections sur la route de la France. Mais les résultats restent les mêmes : de tristes victoires convaincantes sur l’Islande et le Portugal. Alors on commence à se languir les matchs à élimination directe. Il y en a assez des promenades de santé face aux pêcheurs portugais. Place aux choses sérieuses, à commencer par les hongrois en quart de finale.

Le résumé du match France – Hongrie

Les Bleus entrent magnifiquement dans la rencontre. À montrer dans toutes les écoles de handball. Les français butent sur le gardien hongrois Mikler, touchent les montants et les gradins quand ils sont inspirés. Résultat ? Aucun but inscrit lors des quatre premières minutes. Pendant ce temps là, les hongrois ne se font pas prier. Et enfoncent des français encore restés à l’hôtel.

Dika Mem, Timothey N’Guessan et Kentin Mahé débutent sur la base arrière. Aucun des trois ne marquent le moindre but lors de la première période. Magistral. Si les deux premiers sont littéralement transparents, Mahé est le seul à se montrer. Le problème, c’est qu’il s’illustre tel un illusionniste faisant disparaître le ballon une fois qu’il l’a dans les mains. Déviation en une touche, passes entre les jambes, passes à l’aveugle. Un récital qui lui vaut de retourner sur le banc avant même la mi-temps.

Les hongrois prennent le large, et mènent jusqu’à 9 buts à 3. C’est alors que tel un pharaon renaissant de ses cendres, l’ancien Expert Michaël Guigou sonne la révolte française. Et déclare ainsi la guerre à notre fédé. Quatre buts en dix minutes pour le presque quadragénaire. Les Bleus reviennent à 14-12 à la mi-temps. Satisfaits d’être menés que de deux buts à la mi-temps par les hongrois, la France du handball est bel et bien entrée dans une nouvelle ère.

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Si prévisible cette France…

Guillaume Gille remplace le gardien Vincent Gérard par Yann Genty. Première attaque hongroise, et Genty se fait déjà trouer. Mais sans être mauvaise langue, Vincent Gérard et Yann Genty c’est le jour et la nuit. Tandis que le premier a réalisé deux arrêts et demi sur toute la première période, le second permet aux Bleus de recoller au score.

La France garde son matelas de trois buts jusqu’à cinq minutes du terme. Et bien entendu, c’est le moment choisi pour s’effondrer tout en douceur. Plus que deux buts d’avance à deux minutes de la fin. Un but à une minute. Vous la sentez venir la boulette ? Romain Lagarde fonce dans le tas et cherche une solution. Seul problème, la main qu’il trouve est hongroise. Contre-attaque, but, 30-30.

Il ne reste que quinze secondes pour la dernière attaque française. Guillaume Gille s’empresse pour poser son temps mort. On se dit alors qu’une tactique précise va être établie pour perforer la défense hongroise. C’est à ce moment qu’on se rend compte qu’on a été gâtés par l’époque dorée de Claude Onesta. Les Bleus jouent deux passes et ce même Lagarde s’embourbe dans la tenaille hongroise. Prolongations.

Elles commencent aussi bien que le début de match. Jet de 7 mètres envoyé au-dessus des cages par Hugo Descat, suivi d’une praline hongroise dans la lucarne de Vincent Gérard. Bioutifoul. Mais les valeureux hongrois commencent à perdre pied. Et cèdent un terrain qu’ils ne rattraperont pas. Victoire finale 35-32 pour les Bleus. Septième match, septième victoire.

Amis suédois, pas le droit à l’erreur vendredi.