Les étoiles de Roland-Garros du Mardi 24 Mai 2022


Une dernière des mousquetaires

Le monde est cruel. Alors que nous devions comme chaque jour être les vautours de l’ocre parisienne, nous avons découvert quelque chose qui bats derrière notre épiderme. De la terre battue qui brûle les yeux avec Tsonga, et une passion inexplicable face à Simon. Qui a dit que la France n’aimait pas ses vieux?

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Fiona Ferro

L’antithèse d’Alizé Cornet. Elle s’incline exactement sur le même score de la victoire de la Niçoise. Pas servie au tirage avec la numéro 3 mondiale Badosa, Ferro n’aura offert de résistance. En témoigne un second set express en 18 minutes. 6-2 6-0

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Ugo Humbert

AH OUI
AH OUI OUI OUI C’EST LE 4 À LA SUITE.

4 participations pour 4 premiers tours. Cette fois-ci au prix d’un match homérique en 5 sets face au Finlandais Emil Ruusuvuori. Rendez-vous l’année prochaine pour réussir à décrocher la 5e étoile.

Adrian Mannarino

Les Roland se suivent et se ressemblent presque pour Adrian Mannarino. Après un Open d’Australie où les inquiétudes étaient grandes sur les ambitions de Mannarino (1/8 perdu contre Nadal, dont un tie-break épique 14/12), l’amour de la terre battue a pris le pas. Oscillant entre les sorties au premier et au deuxième tour, Mannarino choisit la première voie en cédant en 3 sets face au terrien Delbonis.

Lucas Pouille

Il y a des instants de vraies bascules dans le tennis. Lorsque Lucas Pouille ne transforme aucune de ses 3 balles de sets dans le 3e set, il ne manquait que la voix suave de Laurent Luyat pour nous annoncer la bascule. Bascule dont profitera Zdenek Kolar pour une victoire en 4 sets.

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Benoît Paire

Des revers plein de panache, des discussions avec l’arbitre, un public acquis à sa cause et beaucoup de doubles fautes : tous les ingrédients d’un bon match de Benoît Paire étaient réunis aujourd’hui sur le Simonne-Mathieu. Rien que pour punir les choix vestimentaires catastrophiques de son adversaire Ilya Ivashka, on aurait apprécié que le Français complète sa remontada à 2-2 partout. Mais c’était sans compter l’arme d’autodestruction massive de l’Avignonnais : la double faute, mise à profit 24 fois en l’espace de 4 set. 3 étoiles pour le panache et le soin des statistiques.

Tessah Andrianjafitrimo

5 ans après son dernier premier tour à Roland, Tessah revenait fouler l’ocre parisienne, Tessah nous fait trembler en envoyant Pliskova perdre son premier set. Les 2 autres iront dans la poche de la Tchèque, numéro 8 mondiale.

Benjamin Bonzi

Un Français qui perd à Roland-Garros contre Frances (Tiafoe), c’est tout un concept. 3 sets serrés qui tombent au final du bon côté.

Arthur Rinderknech

Après son Open d’Australie où il avait pris un malin plaisir à climatiser les spectateurs océaniens, Arthur Rinderknech venait à son 3e Roland Garros de suite pour enfin tenter de remporter un match en simple. Échec. Freiné par un poignet délicat, il n’a pas réussi à faire déjouer le grand ami de la terre battue Bulbik. Défaite en 2 jours et 3 sets 6-2 6-4 6-4

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Alizé Cornet

Un premier tour en forme de Doi d’honneur à notre fédération. 6-2 6-0 face à Misaki Doi.

Chloé Paquet

Chloé avait beau mettre le paquet (on n’a jamais dû lui faire celle-là), elle est tombée face à un regen d’Ostapenko au nom de Sabalenka, 6e mondiale. Le jeu de la Biélorusse est simple et pas toujours efficace : bourriner. Pas de variation, pas d’angle à trouver, juste renvoyer fort la balle. Défaite en 3 sets de Chloé Paquet qu’on retrouvera en doubles avec Carole Monnet pour former la paire Monnet-Paquet. Bon c’est faux elle jouera avec Clara Burel mais il faut que cette merveille arrive un jour, s’il vous plaît.

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Richard Gasquet

En pleine bourre après sa demi à Genève, Richard arrive pour un éternel rappel, pour faire fleurir des pensées telles que “c’est son année”. Un classique printanier de la Porte d’Auteuil pour le plus beau revers du circuit, que l’on veut voir encore quelques années. Pardon, Richard nous rend poétiques. Victoire sans bavure en 3 sets.

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Jo-Wilfried Tsonga

On ne s’attendait pas à grand-chose de son duel face à Ruud, et on n’a finalement pas été déçu. On a rapidement retrouvé une dernière fois ce qui a fait sa carrière, du parpaing létal qui rend fou le Norvégien. Un dernier set gagné en carrière au Tie-Break, jusqu’à ce terrible 11e jeu du 5e set. Alors qu’au panache, il s’en va breaker Ruud pour servir pour le gain du 4e set, il se blesse à l’épaule et comprend directement ce qu’il en est. Incapable de service, il n’abandonnera pas le dernier match de sa carrière, qui résumera assez cruellement ce qu’elle a été, faite de hauts, de bas, de panache et de poisse.

Une étoile, c’est bien évidemment le tarif logique pour avoir fait vaciller nos cœurs de vautours. Non, on ne pleure pas. C’était juste un peu de terre battue dans les yeux.

Gilles Simon

Si Gilles Simon est passé en coup de vent pour célébrer la retraite de Jo-Wilfried Tsonga avant son match, on attendait de lui qu’il passe aussi en coup de vent pour fêter la sienne sur le Simonne-Mathieu. Mais vous connaissez la mauvaise habitude, faire aux autres ce que l’on ne fait pas à soi-même.

Bien aidé par un public en feu, Gilles Simon a récité ses gammes de renvois de balles incessantes. Un jeu à la limite du Santoresque, qui fonctionne à merveille dans les 2 premiers sets, avant de dérailler dans les 2 suivants. Mais quand la logique aurait voulu que physiquement, notre Gillou national cède logiquement dans le 5e, un événement inexplicable arrivera. Alors que Carreno Busta breake d’entrée et mène 4 – 2, il va complètement se faire manger le crâne par le public en fusion et lâcher 4 jeux d’affilée. Après la pixel war et le revirement Mbappé, c’est une nouvelle victoire de la France sur l’Espagne.

Hugo Gaston

Hugo Gaston est une sorte de Sangoku de l’ambiance. Tu le mets dans un challenger à Quimper devant 10 personnes, il peut rater son match. Mais fout le à Bercy ou Roland avec un public à sa cause, et tel un genkidama des familles, il va puiser une énergie dingue pour faire vriller son adversaire. Après Bercy où Alcaraz s’est fait mettre un T2 dans le crâne par les supporters, Gaston a une nouvelle fois utilisé l’énergie des spectateurs pour faire vriller De Minaur. Premier Français à jouer un super tie-break à Roland, il ne rentrera pas dans l’histoire en devenant le premier Français à en perdre 1.

Autant vous dire que si nous étions Pedro Cachin, le lucky loser qui sera sur la route de Gaston au second tour, nous prendrions un peu de renforcement mental dans la préparation du match.