JamesOn Curry, le Jurietti de la NBA


Si on vous dit NBA et Caroline du Nord, il y a de grandes chances que vous fassiez le parallèle avec Michael Jordan. Mais les vrais connaisseurs qui n’ont pas découvert la NBA avec The Last Dance vous citerons peut-être un autre basketteur a rendu fier cet état américain : JamesOn Curry. 

En 1986, la famille Curry décide d’agrandir la famille. Les parents ne savent pas comment appeler le nouveau-né. Si le prénom Steph ne traverse pas leur esprit, ils hésitent cependant entre James ou Leon. Ce qui va donner lieu à la légendaire contraction JamesOn. Une légende est née.

Très vite, le jeune basketteur JamesOn fait la fierté de la Caroline du Nord, où un certain Michael Jordan n’a pas manqué de briller lors de ses années universitaires. Le parallèle est tout tracé, pense-t-on dans la famille Curry. En effet, JamesOn Curry est une vraie bête à l’université ; il tourne en moyenne à 40 points, 7 rebonds et 6 passes durant son passage. Pire, il détient le record du nombre de points marqués dans un match pour une équipe de Caroline du Nord (47) ainsi que celui du nombre de points inscrits (3302), faisant mieux qu’un certain… Michael Jordan. Décidément.

Une entrée en matière parfaite

Dès l’âge de 21 ans, JamesOn est inscrit sur la draft de 2007, connue pour avoir le colosse aux genoux d’argile Greg Oden en choix n°1. Mais le parallèle avec MJ refait surface. JamesOn est sélectionné en 51e position par les Chicago Bulls. Bon, on ne peut pas dire qu’il sente un véritable intérêt de leur part en même temps avec cette position.

Mais le meneur de jeu ne désespère pas. Curry met les petits plats dans les grands pour connaître des débuts en NBA retentissants. Et ceux-ci doivent avoir lieu dans la mythique salle du Madison Square Garden. Un conte de fées. Oui mais voilà, alors que les Bulls décollent pour New-York, Curry rate le vol. La faute à un sens de l’orientation catastrophique qui l’amène à se perdre dans les rues de Chicago.

C’en est trop pour les Bulls qui décident de se séparer de JamesOn. Son passage en NBA est tel qu’il rebondit à Pau-Lacq-Orthez en 2008, avant de rejoindre le prestigieux championnat chypriote l’année suivante. Une trajectoire unique pour un joueur unique.

Come-back en 2010, et quel retour !

Contre toute attente, Curry parvient à signer un contrat de 10 jours avec les Los Angeles Clippers en 2010. Bon certes, ce contrat sent le foin dès le départ. Mais JamesOn y croit dur comme fer. Trois jours plus tard seulement après la signature, les Clippers s’envolent pour Boston. Et cette fois Curry ne rate pas l’enregistrement du vol. Mais il aurait peut-être dû le louper cette fois-ci.

Car en ce 25 janvier 2010, la salle du TD Garden va entrer dans l’histoire. Comment vous demandez-vous, alors qu’elle est déjà l’une des plus historiques de la ligue ? Tout simplement car elle va abriter la carrière de NBA la plus courte de tous les temps.

À la fin du 3e quart-temps, il ne reste plus que 3,9 secondes de jeu. Dans un moment d’irrationalité complète, le coach des Clippers décide de faire entrer sur le parquet JamesOn Curry. Le rêve d’une vie est enfin réalisé. Durant ces presqu’quatre secondes de jeu, Curry saute dans tous les sens. Puis le buzzer retentit, retour sur la chaise.

“C’était les 4 secondes les plus rapides de ma vie !” J. Curry

Les Clippers perdent le match 95-89. Mais le plus dur n’est pas encore avalé par JamesOn. Oh que non.

Un Curry peut en cacher un autre au Hall of Fame

Dès le lendemain, les Clippers décident de se séparer de JamesOn Curry pour pouvoir signer Bobby Brown. Le natif de Caroline du Nord est anéanti par cette nouvelle. Mais ce qu’il ignore, c’est que son entrée en jeu la veille va entrer dans les manuels d’histoire.

Curry tente à de nombreuses reprises de revenir en NBA, mais ces dernières se traduisent toujours par un échec. Il se rend donc à l’évidence ; plus jamais il ne foulera un parquet de NBA. Même pour des millièmes de seconde. Et passer la serpillère ne compte pas dans les stats de Basketball Reference. Si le moment présent est difficile à vivre pour JamesOn, très vite il se rend compte d’une chose. Lui qui a toujours voulu entrer dans l’histoire de la ligue a accompli sa mission. L’héritage qu’il laisse à la NBA passe à la postérité. En effet, il devient ainsi le joueur de NBA avec la carrière la plus courte de l’histoire, du haut de ses interminables 3,9 secondes de jeu. Sa carrière a duré aussi longtemps qu’un pierre-feuille-ciseau.

Ainsi, Curry détient une autre ligne déroutante sur son CV. Celle de posséder des stats moyennes et cumulées identiques : 0 point, 0 passe décisive, 0 rebond, 0 interception et 0 contres en NBA. Une ligne de stats vertigineuse. Et en plus de cela, JamesOn possède une arme redoutable, que peu de grands joueurs possèdent : l’autodérision.

“Si vous y réfléchissez, je suis sûrement le joueur le mieux payé à la seconde de l’histoire de la NBA !” J. Curry

Le GOAT.

Tom