Coupe du Monde 2006 | Zidane, une sortie sur un coup de tête.


Expulsion de Zinedine ZIDANE - 09.07.2006 - Italie / France - Finale Coupe du Monde 2006 - Berlin - Allemagne Photo - Olympiastadion - Berlin (Allemagne)

Coupe du Monde 2006. Quatre ans après le chef-d’œuvre en Corée du Sud, les Bleus décident de mettre les petits plats dans les grands. Une épopée mythique qui va les amener jusqu’en finale. Et en ce 9 juillet 2006, le maestro Zinédine Zidane va perdre la tête. Littéralement.

Dès l’entame de la compétition, les Tricolores réussissent un sans-faute : aucune victoire lors de leurs deux premiers matchs de poule. Face à la Suisse et la Corée du Sud. Ce qui accentue l’ampleur de l’exploit. Lors du troisième et dernier match face au Togo, l’Équipe de France dispute déjà une première finale. Jouer sa tête dans la compétition face à des Togolais, c’est la vie qu’a décidé de suivre la FFF. Malheureusement les Bleus se défont du piège des joueurs de Lomé (2-0) et rejoignent les huitièmes de finale. En ayant inscrit trois buts en trois matchs. La fameuse attaque française enviée dans le monde entier.

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Mais dès les phases finales, les Bleus se métamorphosent. En même temps les Espagnols ont la bonne idée de surnommer ce match le « Jubilé de Zizou ». Rien de mieux pour surmotiver les Français. Et voir les Tricolores marcher littéralement sur le match en s’imposant 3-1. Ribéry se découvre aux yeux du monde, avec le légendaire « VAS Y MON PETIT » du regretté Thierry Gilardi. Avec une masterclass de Zinédine, auteur du dernier but crucificateur, la France passe en quart de finale. Une douce pensée pour la FEL, qui a vu ses joueurs chambrer les Bleus avant de ranger leurs chambres d’hôtel le soir-même. Direction le tarmac.

Brésil – Portugal : deux victimes, un seul bourreau

Les quarts et les demies ont un fort accent lusophone. Le Brésil, emmené par son armada de stars apparaît comme le grandissime favori. En face, un vieux chauve au crépuscule de sa carrière essaye de faire comme il peut. Manque de pot pour les Brésiliens, il s’agit du divin chauve. À lui tout seul, Zizou fait danser la Samba à Zé Roberto et Gilberto Silva. Kaka en prend pour son grade aussi. Roberto Carlos n’est pas épargné. Même Ronaldo se prend un coup du sombrero. Le comble poussé à son paroxysme. Pire encore, Zidane adresse sa toute première passe décisive en Bleus à Henry. Alors que ça fait presque dix ans que les deux portaient la tunique bleue. C’en est trop pour le Brésil, qui ne s’en relèvera pas.

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En demie, le match est insipide face au Portugal. Fermé. La tension est à son comble. Mais Zidane décide de nous refaire passer une soirée maudite. Son pénalty tiré dans le petit filet est imparable pour Ricardo. Bref, une énième partition à très vite chasser de nos esprits.

Le résumé du match France – Italie

Dimanche 9 juillet 2006. Olympiastadion de Berlin. L’Équipe de France est confrontée à la Squadra Azzura. Avant le match, Sidney Govou donne direct le ton.

« C’est peut-être contradictoire mais l’approche du match a été plus relâchée qu’avant un quart de Ligue des champions » S. Govou

Et c’est pas vraiment une surprise quand on connaît la suite. Pourtant dès la 6e minute de jeu, Florent Malouda s’infiltre dans la surface italienne et s’écroule suite à un micro contact de Materazzi (déjà lui). Pénalty pour la France. Zidane se charge du péno. Et estime qu’il s’agit du moment adéquat pour tenter une Panenka. Barre rentrante. Le ballon rebondit au moins 1 mètre à l’intérieur des cages. Comme quoi, un numéro 10 des Bleus peut marquer un péno. Hein Kiki. Mais en l’absence de VAR à l’époque, les Italiens essayent quand même de négocier avec l’arbitre. Le ballon aurait rebondi sur la ligne selon eux. Ah, sacrés transalpins.

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Buffon, littéralement sur le cul après la panenka de Zidane.

Seulement dix minutes après l’ouverture du score, le premier coup de boule de la soirée intervient. Celui de Materazzi. Le défenseur de l’Inter saute plus haut que Patrick Vieira et égalise. 1-1. Les deux équipes se neutralisent. Direction les prolongations. À la 100e minute, Zidane place le second coup de tête du match. Une reprise surpuissante du teston sous la barre, mais Buffon la sort d’un arrêt déjà entré dans la postérité.

Zidane, la tête pensante des Bleus

Puis vient la fameuse 110e minute. Troisième et dernier coup de boule de la rencontre. Zizou fait goûter son crâne à Materazzi qui, pour une fois, ne simule pas. Seul hic au tableau, l’arbitre Horacio Elizondo n’a rien vu de toute l’action. Son arbitre de touche non plus. Encore moins son assistant. Mais heureusement que le 4e arbitre a tout vu et tout rabâché. S’en suit alors un coup de bluff digne d’une relance avec 7-2 de Patrick Bruel.

« Je vais voir mon assistant en sachant qu’il ne sait rien, et lui dis juste : « il reste dix minutes, restons concentrés ! ». Je me retourne, m’approche de Zidane et sors le carton rouge. C’était en fait une sorte de feinte… » H. Elizondo

Zidane est expulsé alors qu’il s’agit du dernier match de sa carrière. Et qu’il est élu meilleur joueur de la compétition. Une sortie avec panache. Mais cette retraite anticipée ne départage pas pour autant les deux nations. Et au jeu des tirs aux buts, Trezegoal se montre aussi décisif que lors de la finale de l’Euro 2000. Mais pas pour la France cette fois-ci. L’attaquant de la Juve fracasse la barre transversale. Avant que Grosso n’envoie les Italiens au paradis. Onze tireurs potentiels, mais il fallait que ça tombe sur le plus français des Italiens bien évidemment. Il n’existait pas pire dénouement. Et il s’est réalisé.

Avant de se quitter, on ne pouvait pas passer à côté de cette séquence légendaire. Où la France entière commence à comprendre que la FFL vient de prendre le contrôle de la situation.

« Oooooh Zinédine ! Pas ça Zinédine. Pas aujourd’hui, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait ! Aïe aïe aïe aïe aïe » T. Gilardi