C1 2013-2014 – OM | Le zéro pointé, le chef d’œuvre du siècle.


Marseille Dortmund zéro point

Quand on évoque l’Olympique de Marseille et la Ligue des Champions, on pense directement au Milan AC et la finale 93 à Munich. Mais il est de notre devoir de rompre ce réflexe. Et de faire découvrir au public le plus large, surtout le plus jeune, qu’une autre page de l’Histoire a glorifié l’OM ; la campagne européenne saison 2013-2014. Une merveille rendue possible par deux légendaires divins chauves.

Un lancement de campagne européenne en boulet de canon

L’OM débute la saison 2012-2013 par six victoires lors des six premières journées, établissant le record du club, et la termine en étant vice-champion de France, derrière le PSG qui remporte là son premier titre de Ligue 1 sous l’ère qatari. C’est donc en toute logique que les hommes de Élie Baup abordent la saison suivante avec le couteau entre les dents. Et encore une fois, l’allumage est éclair ; trois victoires lors des trois premiers matchs de championnat. Mais un détail va s’ajouter par rapport à l’année précédente : la Ligue des Champions. Et Élie Baup va s’en arracher les dernières racines présentes sur son crâne.

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L’Olympique de Marseille est engagé dans ce qu’on pourrait appeler, de nos jours, un groupe de la mort : Naples, Arsenal et Dortmund font tous figure de favoris. Autant dire que pour 3 équipes, il n’y a qu’un pushing-ball : l’OM. Les Phocéens reçoivent les Gunners lors de la première journée de C1, et Arsène Wenger et sa clique ne vont avoir aucun mal à se balader sur la Canebière. Victoire 2-1 de l’homme à la grande parka et à la fermeture éclair défectueuse, mais première défaite marseillaise. La première d’une longue série.

Deux semaines plus tard, le court voyage à Dortmund va enfin plonger les Marseillais dans le grand bain. Dans un stade surchauffé malgré les températures négatives, Jürgen Klopp va non seulement donner un cours de chevelure à son homologue Élie Baup, mais également lui infliger une leçon tactique. Une seconde défaite 3-0 avec le doublé de Lewandowski, qui ne méritait pas davantage le Ballon d’Or cette année-là.

Malgré les opportunités, l’OM tient bon

En effet les joueurs marseillais vont vivre une double confrontation des plus stressantes face au Napoli. Avec deux défaites inaugurales, le match de la dernière chance approche à grands pas. Dans un Vélodrome chauffé à blanc, Rafa Benitez va tranquillement mettre en place son jeu dans un fauteuil. Si les Italiens mènent logiquement 2-0 à l’heure de jeu, un but à quelques minutes du terme de Ayew sonne la révolte. L’espoir, toujours l’espoir. Troisième revers en autant de matchs. On frôle le professionnalisme.

Au match retour au San Paolo, le scénario est encore plus cruel. Cette fois-ci, l’OM doit impérativement gagner s’il ne veut pas commencer à jouer les jeudis soir. Et André Ayew a parfaitement compris l’enjeu. Pour la première fois de la saison, les Olympiens mènent en Ligue des Champions. Un lead qu’ils vont tenir exactement douze minutes. Très rapidement par la suite, Thauvin redonne de l’espoir à tout le peuple marseillais. Mais encore une fois, ce même espoir va exploser en vol à un quart d’heure de la fin. Pepita Higuain envoie un salam aux Marseillais.

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En déplacement à Arsenal, la réponse de Baup ne se fait pas attendre. Et on peut même dire qu’elle est cinglante. Pour les supporters des Gunners. En guise de représailles, le divin chauve décide d’aligner Kassim Abdallah, Lucas Mendes, Jérémy Morel, Alaixys Romao et Saber Khelifa dans son onze-type. Une décision que les fans anglais ne comprennent toujours pas aujourd’hui, eux qui ont déboursé des centaines de livres sterling pour voir évoluer Chapi Chapo sur leur billard. Un traumatisme pour beaucoup d’entre eux. On en oublierait presque le doublé de Wilshere, dont le premier but intervenu au bout de 28 secondes souligne toute la concentration des Marseillais ce soir-là. Un revers qui amène à cinq le nombre de défaites de l’OM en Ligue des Champions. À un pas de la postérité.

Mais malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin. Face à une si belle série, le président de l’OM Vincent Labrune, qui partage peu le sens de l’Histoire contrairement à nous, décide de licencier Élie Baup le samedi 7 décembre 2013, à quatre jours seulement du dernier match de poules. Et d’introniser José Anigo à la tête de l’équipe. Un divin chauve peut en cacher un autre. L’objectif est simple : sauver l’honneur de Marseille en Ligue des Champions. Reçu 6 sur 6.

Le résumé du match OM – Dortmund

Mercredi 11 décembre 2013. Toute l’Europe du foot retient son souffle. Va-t-on assister à ce qui pourrait être une performance majuscule dans l’ère moderne du football ? L’OM va-t-il rester fidèle à la déconvenue ? Toutes ces questions vont trouver leurs réponses dans l’intérieur du pied gauche de Lewandowski au bout de trois minutes seulement. Le Polonais devance la sortie de Mandanda, qui a tout le loisir ensuite de poser ses mains sur les hanches, et de lancer ce fameux regard de chien battu à l’entrée de sa surface. On sait pertinemment qu’on va vivre un match mythique.

Mais les Marseillais ne l’entendent pas de cette oreille. Au quart d’heure de jeu, Payet frappe un coup franc indirect et envoie le ballon sur le crâne dépourvu de cheveux de Khelifa. Le Tunisien prouve alors son sens du devoir en sacrifiant ses derniers tifs. Sa calvitie propulse le ballon sur la barre transversale, que Diawara n’a plus qu’à pousser au fond des filets. 1-1. L’espoir de récolter ne serait-ce qu’un point dans cette campagne tient bon. Le score lui aussi.

Avant que ce même Payet ne vrille et se fasse exclure dès la première mi-temps. Les Olympiens se montrent alors héroïques, et résistent pendant plus d’une heure pour ce malheureux point. Un héroïsme dont ils vont faire preuve jusqu’à la fin. Ou du moins à trois minutes de la fin. Avant que Mandanda nous affuble d’une merveille de faute de main sur un tir taupé du très facilement prononçable Kevin Grosskreutz.

Terminer la campagne de Ligue des Champions avec une razzia de défaites. Un exploit XXL si convoité, mais si peu réalisé. Car oui, ce zéro pointé est tout simplement une première dans l’Histoire pour un club français en Ligue des Champions. Et vous savez ce qu’on dit dans ces cas-là à Marseille.

À jamais les premiers.