Ils ont porté le maillot tricolore mais vous l’avez oublié comme l’anniversaire de ce pote qui n’a pas Facebook. Aujourd’hui, pour fêter notre nouvelle collection FFL « La lose nostalgique », on revient sur 5 défenseurs dont vous aviez oublié le passage chez les Bleus.

Raymond Domenech (8 sélections)
Qu’est-ce qui est plus inquiétant que Raymond Domenech sur un banc de touche ? La réponse est simple : Domenech sur un terrain.
Le Raymond sélectionneur des Bleus, vous connaissez. La finale de 2006, la demande en mariage sur M6, la porte du bus bloquée, etc. Mais ce qu’on a tendance à oublier, c’est que Domenech a eu une carrière en tant que joueur ! Un joueur craint par les attaquants adverses. Pas pour son talent, mais pour sa rugosité, dont le natif de Lyon jouera toute sa carrière pour rentrer dans la tête de ses vis-à-vis.
En 1987, interrogé sur son image de boucher, il déclare :
“Je l’ai cultivée, je l’ai favorisée […] j’avais une grosse moustache […] quand j’entrais sur le terrain, 50% du travail était déjà effectué”
Outre sa capacité à terroriser ses adversaires, Domenech dispose quand même de quelques talents balle au pied. En attestent ses 8 apparitions avec les Bleus de 1973 à 1979.
Le plus impressionnant ? En 1984, après une carrière solide entre Lyon et Strasbourg, le futur sélectionneur s’offre un dernier défi à Mulhouse comme… entraîneur-joueur ! Parfaitement placé à deux mètres du banc de touche une mi-temps sur deux, le latéral droit manque de peu la montée en division 1 en 85 et 86. Cette même année, il raccroche les crampons, mais reste aux commandes sur le banc alsacien. Le début d’une carrière d’entraîneur qui le mènera là où on sait.
Impossible de ne pas saluer une telle démonstration de multi-tasking.
Jurietti (½ séléction)
5 secondes pour l’éternité. Franck Jurietti, c’est à ce jour l’international français ayant joué le moins de minutes avec les A. 0, très exactement.
Défenseur emblématique de la Ligue 1 Orange des années 2000, Jurietti, pensionnaire des Girondins, gratte sa place en équipe de France en 2005. On est alors en pleine phase d’éliminatoires pour la Coupe du monde 2006. Le 12 octobre 2005, les Bleus accueillent la terrifiante équipe de Chypre et mènent confortablement 4-0 à quelques minutes du terme. Jusque-là rien de spécial.
93ᵉ minute : Domenech, modèle de prudence, sent le vent tourner et se dit que la remontada est toujours possible. Ni une ni deux : l’ailier Sidney Govou laisse sa place à Jurietti qui s’apprête à vivre le moment fort de sa carrière…
5 secondes. C’est le temps qu’il faudra au Bordelais pour entrer en jeu, voir Grégory Coupet dégager depuis ses 6 mètres puis l’arbitre siffler la fin du match, le ballon encore dans les airs. Jurietti ne pourra même pas entendre la balle rebondir sur la pelouse.
— VSport (@VibronsTV1) January 9, 2022
À ce jour, personne ne s’est approché de cette performance. Si on pourrait imaginer une certaine amertume envers le sélectionneur, Franck avouera dans une interview accordée à l’Équipe :
“Chacune de ces cinq secondes, je les garde en moi. Ce sont cinq secondes de bonheur magique”
Il ne jouera plus jamais avec le maillot tricolore.
Marc Planus (1 séléction)
Notre deuxième Bordelais du jour, et encore un nom qui sent bon le FCGB de la fin des années 2000. Celui qui roulait sur la Ligue 1 et allait sans pression gifler le Bayern et la Juve en phase de poules de Ligue des champions. Bref, du lourd. On est loin du choc remporté 2-1 aux dépens des Voltigeurs de Châteaubriant.

Revenons-en au principal intéressé. Planus, c’est 44 petites minutes jouées en bleu, lors d’un match contre la Tunisie en préparation du Mondial 2010 (1-1). Désolé, dit comme ça c’est fade à côté des 5 secondes de Jurietti. Mais ce n’est pas tout !
Planus, qui sort d’une grosse saison avec Bordeaux, est conservé par Domenech pour le Mondial en Afrique du Sud. Il ne jouera pas une minute, mais garde un souvenir impérissable de son séjour à Knysna. Interrogé sur le sujet par un journaliste, il déclare :
«Mais moi, j’ai vécu un moment exceptionnel là-bas ! […] Certes, je rêvais plus des Champs-Elysées que de rester dans un bus».
Un ratio minutes jouées/scandale difficilement égalable pour celui qui garde un souvenir impérissable de ces vacances all inclusive en Afrique du Sud.
Après 14 ans et près de 400 matchs joués en pro avec les Girondins, il raccroche les crampons en 2015 et devient… architecte et décorateur d’intérieur ! On raconte que déjà à l’époque, il tannait tout le monde pour faire poser un îlot central Mobalpa dans le bus de Knysna.
Sébastien Corchia (1 séléction)
Corchia, c’est l’histoire d’un gars qui rate le train. Longtemps courtisé par des cadors européens, il a passé le plus clair de sa carrière à jouer le maintien en Ligue 1. Être promis à la Juve pour finalement signer au Mans, ce fut le destin cruel du latéral franco-italien.
Le passage en bleu du joueur formé au PSG est furtif. Il est convoqué pour la première fois dans le groupe à l’été 2016, et entrera sur le terrain pour une durée de 21 minutes lors d’un soporifique France – Côte d’Ivoire en amical (0-0) le 15 novembre. Rappelé par Deschamps en 2017 pour pallier la blessure de Djibril Sidibé, Corchia ne foulera plus jamais la pelouse avec la tunique tricolore.
Sébastien #Corchia (défenseur/#LOSC) appelé pour remplacer Bacary #Sagna (blessé à la cuisse gauche) en Equipe de France pic.twitter.com/4JC0Oug1IL
— INFOSPORT+ (@infosportplus) October 7, 2016
Pourtant, le latéral francilien était promis à une carrière au plus haut niveau européen. Modèle de précocité, il est pisté par les Bianconeri alors qu’il évolue avec la réserve du Mans. Il signe finalement pro avec les Manseaux en 2008 avant d’exploser à Sochaux, où il sera remarqué pour sa régularité dans l’élite. En 2014, rebelote : les rumeurs l’envoient au Bayern, à la Juve, à l’OM ou à l’OL. Décidément prudent, c’est finalement au LOSC qu’il pose ses valises pour 3 saisons.
Après plusieurs piges ratées à l’étranger (Séville, Benfica et Espanyol), il fait son retour dans l’Hexagone à Nantes, puis Amiens et enfin Cannes, où il évolue toujours aujourd’hui.
Corchia, c’est avant tout un gars qui ne voulait pas griller les étapes, quitte à laisser filer des opportunités dorées. Et puis finalement, pourquoi aller taper la balle avec Buffon et Pirlo quand tu peux jouer avec Florent Balmont ?

Julien Escudé (13 séléctions)
C’est l’histoire d’un mec qui rate un transfert à Manchester United parce qu’il s’est flingué le genou en trébuchant sur son chien. En 2002, la star montante du Stade Rennais est en effet arrêtée pour 3 mois après cet incident survenu lors d’une banale promenade. Sir Alex Ferguson coupe court aux négociations illico. Dommage. Outre cette blessure hissée au panthéon de la lose: Julien Escudé en équipe de France, ça vous parle ?
Julien Régis Paul Escudé, de son nom complet, c’est avant tout un défenseur à la carrière solide : Rennes, Ajax, Séville, Besiktas. Des clubs avec lesquels il a été à chaque fois titulaire indiscutable. C’est peut-être en raison de son expatriation précoce qu’on peine aujourd’hui à se souvenir du natif de Chartres.
Le passage d’Escudé en équipe de France se concentre exclusivement sur la pire période de l’histoire des Bleus au 21ᵉ siècle : 13 sélections entre 2006 et 2010. Bien que régulièrement appelé dans le groupe, il réussit une performance de haut vol en n’étant convoqué pour aucune des trois compétitions majeures sur cette période.
Autre fait marquant : il compte au total 999 minutes de temps de jeu avec les Bleus. On a voulu lui additionner celles de Jurietti pour tomber sur un joli chiffre rond, mais ça fait toujours 999…


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