Ligue Europa 2019 – OM | Limassol, le véritable Apollon de la lose marseillaise.


Marseille Limassol EUropa League

Jeudi 13 décembre 2018. Si cette date ne nous évoque rien, nous étions à la même place que vous il y a encore quelques jours. Mais ce soir d’hiver à Marseille a pourtant permis à l’OM de toucher le Graal dans son Stade Vélodrome ; s’incliner face à onze pêcheurs chypriotes de l’Apollon Limassol. Rien ne pourra être plus beau désormais.

Eyraud – Zubizarreta – Garcia, un triptyque d’enfer

Si la double rencontre face aux Chypriotes est entrée dans l’Histoire à tout jamais, l’Olympique de Marseille lance en fait sa saison toute pourrie dès son mercato estival. En effet, sous les conseils avisés de Andoni Zubizarreta et la naïveté aigüe de Jacques-Henri Eyraud, Rudi Garcia voit débarquer à La Commanderie trois nouvelles recrues : Caleta-Car, Strootman et Radonjic. Trois futurs flops au prix fou de 54 millions d’euros. Waw.

Publicité

Mais cette science chirurgicale du mercato n’est bien évidemment qu’une goutte d’eau dans un océan au vu de la saison qui va suivre. Si en championnat l’OM ne parvient plus à rivaliser le PSG, sur la scène européenne les Marseillais retrouvent leur gloire d’antan. En effet la saison précédente, les Phocéens ont atteint une nouvelle fois une finale de Coupe d’Europe. Mais pour la quatrième fois en cinq tentatives, ce sera un échec, et une douce défaite 3-0 face à l’Atletico Madrid.

Mais on le sait bien, impossible n’est pas marseillais. Alors dès l’année suivante, c’est en toute logique que l’OM fait de cette Ligue Europa l’objectif de sa saison. Il ne durera que trois mois. Si les Olympiens démarrent tambours battants leur campagne par une défaite à domicile face à l’Eintracht Francfort (1-2), la deuxième journée envoie les Marseillais défier onze vignobles chypriotes aux fins fonds de la Méditerranée. Alors que les trois points seraient acquis avant même le coup d’envoi pour un club normal, c’est très mal connaître l’Olympique de Marseille chers amis. Tandis qu’ils mènent 2-0 à un quart d’heure de la fin, les joueurs de Garcia trouvent le moyen de se faire remonter à la 91e minute par l’immense Emilio Zelaya. Crise à l’OM, bien le bonjour.

Luiz Gustavo, la saucisse de Francfort

La double confrontation face à la Lazio n’est que du bonus. Une défaite logique 3-1 à domicile, et un revers 2-1 tout aussi évident à Rome, qui élimine l’OM de la Ligue Europa sur les anciennes terres de Rudi Garcia. Dès lors, les joueurs marseillais vont enfin pouvoir jouer de manière libérée. Et le spectacle qui va suivre nous donne logiquement des regrets : pourquoi ne l’ont-ils pas fait plus tôt ?

À Francfort, il ne faut que deux petites minutes pour que Jovic se retrouve absolument seul dans la surface et fusille Johan Pelé. Mais le plus beau reste à suivre. Alors qu’il est pressé à trente mètres de ses buts, le capitaine Luiz Gustavo envoie une merveille de passe dans le petit filet. Yohann Pelé étant parti à la cueillette des champignons en dehors de sa surface. À regarder sans modération.

Publicité

Voyant le buzz que réalise le Brésilien, Bouna Sarr décide lui aussi d’y aller de son petit CSC, pourtant tout seul à la réception d’un centre. Le doublé de Jovic cinq minutes plus tard clôt une soirée d’anthologie : rouste 4-0 en Allemagne. Vivement la dernière journée et la revanche face à l’Apollon Limassol. Alert Spoiler : Francfort c’était pour les débutants.

Dans le même genre de Lose :   Trophées UNFP | Pourquoi Neymar mérite d'être sélectionné ?

Le résumé du match OM – Apollon Limassol

En conférence de presse d’avant-match, le natif Maxime Lopez a clairement annoncé la couleur. Une chose est sûre, Maxime Lopez ne sera jamais capitaine.

« Ce match ? C’est une question d’honneur. Si on finit demain soir avec un point en six matches, pour moi, c’est inadmissible ! (…) On veut finir sur une bonne note » M. Lopez

Toute la France est scotchée devant sa télé pour ce derby de Phocéens. Lol. Pour cette dernière européenne, ce sont moins de 10 000 spectateurs courageux qui ont décidé de braver le froid et les adversaires inconnus pour se rendre au Stade Vélodrome. L’une des pires affluences de toute son histoire, vieille de 122 ans tout de même.

Mais la prouesse ne se limite pas seulement aux tribunes. Le terrain va une nouvelle fois parler. De manière surprenante (ou pas), ce sont les Chypriotes qui assiègent la surface marseillaise dès les premières minutes de la rencontre. Et la défense marseillaise n’a plus à faire ses preuves. Dès la 6e minute de jeu, sur un petit piqué dans l’intervalle, Kamara est pris et ne voit d’autre solution que de plaquer par derrière l’attaquant de Limassol. Pénalty. Carton rouge. 1-0. Le match commence superbement bien.

Limassol, nouveau roi de la Méditerranée

Dans ce match décousu d’entrée, Flotov veut participer à la fête également. D’une tête piquée, le Marseillais égalise trois minutes plus tard. Mais la patte Garcia prend très vite le dessus, et à la demi-heure de jeu, les Chypriotes reprennent l’avantage. Mais l’Apollon Limassol n’a pas dit son dernier mot. Ou du moins Marios Stylianou. En effet à la réception d’un énième ballon mal dégagé, le latéral chypriote envoie un bijou d’extérieur du droit dans la lucarne de Florian Escales qui, pour sa première sous le maillot de l’OM, est particulièrement gâté. Le rouge de Ocampos en fin de match pour terminer à neuf est une touche de panache supplémentaire, dont nous ne sommes pas insensibles.

 

Score final 3-1. L’Apollon Limassol remporte ce choc de la Méditerranée. Une débâcle sans nom. L’avantage de jouer dans un stade quasi vide, c’est que vous n’avez pas à subir de bronca à la fin de la partie. Malin le Eyraud qui a fixé le prix des places à 15 balles minimum. Les Marseillais signent là un perfect ; perdre leurs trois matchs à domicile. Mais Rudi Garcia pousse son optimisme à un point de non-retour.

« Ça ne tourne pas dans notre sens mais les joueurs ont mis les ingrédients pour revenir dans le match » R. Garcia

Toujours aussi lunaire. Cette campagne 2018-2019 de l’OM reste la pire de tous les clubs français en C3. Respect éternel Mister Garcia.