Ligue 1 – OM | Villas-Boas, arrête-moi si tu peux !


À midi, le coach marseillais André Villas-Boas a annoncé sa démission en conférence de presse. Après avoir été sur le cul une poignée de secondes, on s’est posé la question habituelle chez tout journaliste : « pourquoi » ? Et la réponse à cette interrogation a très largement dépassé nos espérances. Retour sur les derniers mois netflixiens de l’Olympique de Marseille.

Tout avait si bieng commencé. Vice-champion de France en profitant un peu (beaucoup) de la fin de saison tronquée l’année dernière, et une interruption du championnat dès la 28e journée, l’Olympique de Marseille retrouvait la Ligue des Champions. Après sept ans d’absence. Un Vélodrome vide pour la nouvelle saison, certes, mais des supporters plus fiers que jamais de leur club de cœur. S’ils avaient su.

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L’OM démarre en boulet de canon ce nouvel exercice. Un succès à Brest, mais surtout une victoire au Parc des Princes. Une première depuis neuf ans ! Trois petits jours après que les parisiens se soient effondrés à Lens. Ajoutez à cela un mois de septembre cataclysmique de l’OL avec une série de cinq matchs sans victoire, et c’est le rêve de titre qui se propage dans la cité phocéenne. Alors qu’il reste une trentaine de journées à disputer. Bienvenue à Marseille. Oui, mais voilà. Si la Ligue des Champions fait son grand retour sur le Vieux-Port, elle sonne également le début de la fin de l’OM.

L’OM retrouve le toit de l’Europe

La piquette commence tout doucement. Comme un avertissement de ce qui va suivre. Un petit revers 1-0 face à l’Olympiakos dans le temps réglementaire qui agit tel un déclic. Les olympiens sont désormais en mission : 0-3, 0-3, 0-2, 0-3. Dans le jargon, on appelle ça la bascule. Ce trou d’air qui vous fait passer d’une galaxie à l’autre.

Mais tout ces efforts ne sont pas vains. L’OM pulvérise le record d’Anderlecht du début des années 2000 ; il faudra désormais aller chercher les marseillais et leurs 13 défaites consécutives en Ligues des Champions. Le slogan « À jamais les premiers » n’a jamais aussi bien porté son nom.

 

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Indiscutablement, les phocéens sont des précurseurs en matière de performances footballistiques. Et ce à travers les siècles.

 

La Ligue 1, ce n’est pas la Ligue des Champions

Et comme lors de chaque célébration après un exploit retentissant, c’est le coup de mou. La difficulté de retrouver les pieds sur terre. Le dur retour à la réalité quand on a tutoyé les étoiles. Comment trouver la motivation de jouer dans le Stade Francis-Le-Blé vide, ou aller défier des dijonnais en rogne dans le temple du football Gaston-Gérard, quand vous vous êtes assis à la table des plus grands d’Europe ?

Comme un hasard, la semaine suivant leur dernier match européen, les marseillais plongent. Coïncidence ? Une victoire sur les neuf derniers matchs toutes compétitions confondues. Dont une série en cours de quatre défaites d’affilée. Alors on se dit que le mercato va venir arranger tout ça. LOL.

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Jacques-Henri Eyraud, l’histoire se souviendra de ce géant

Naïvement, on aurait pensé que l’OM allait s’activer pour se renforcer lors de ce mercato hivernal. Quelle fut notre surprise en apprenant que le club avait rompu le contrat du goleador Kostas Mitroglou. Sans vitesse pour jouer la profondeur, sans finition pour la mettre au fond. Le numéro neuf 2.0 sûrement. Mais cette première folie n’était que le début d’une gestion délicieuse des transferts. Second coup de génie du président Eyraud : acter le départ du serbe Nemanja « Ronaldo » Radonjic sans même prévenir Villas-Boas.

« J’ai été informé à 22h30 hier soir du départ de Radonjic » A. Villas-Boas

Après le poste d’entraîneur-joueur, occupé notamment par quelques grands noms comme Kenny Dalglish, JHE a inventé un nouveau rôle dans le foot moderne ; celui de président-entraîneur. Tout juste après avoir soumis l’idée de compter double un but marqué en dehors de la surface. Légende. Mais Eyraud est de la trempe des génies infatigables. De ceux qui ne comptent pas leurs heures le vendredi soir en rentrant chez eux. Non, Jacques-Henri ne s’arrête jamais. Alors quand son coach refuse la venue d’un joueur après avoir été sondé, c’est tout naturellement que ce même joueur en question débarque sur la Canebière.

« J’ai appris l’arrivée de Ntcham par la presse ce matin en me réveillant. C’était un joueur pour qui j’avais dit non. Cela fait suite à 3 ans de n’importe quoi sur les transferts » A. Villas-Boas

De quoi convaincre AVB de présenter sa démission. Un chouïa susceptible le portugais. Dimanche à 21h, l’Olympique de Marseille reçoit le PSG. Ou comment préparer au mieux le Classico.

 

Et si la FFL avait vu juste ?

Mais tout ce fiasco ne répondrait-il pas à une volonté divine ? Un stratagème échafaudé dans les plus sombres bureaux de la lose. Et si ce départ de Villas-Boas, succédant l’arrivée de Garcia à Lyon, était un signe subliminal pour l’arrivée imminente de Pep à Marseille. Non, pas celui qui se bat pour devenir triple champion d’Angleterre. L’autre Pep. Celui qui s’est fait viré du club chinois Beijing Guoan à l’issue de « négociations amicales ». Et si notre prophétie s’avérait tout bonnement juste ?

 

6 avril 2019. Nous sachions.