D1 1998 OM – MHSC | Montpellier dans la légende, pour toujours.


22 août 1998. Oubliez les clasicos bouillants entre l’OM et le PSG. C’est en affrontant le Montpellier Hérault Sport Club que l’Olympique de Marseille va écrire sa légende en Division 1 avec des lettres de noblesse. Ce dont nous allons vous parler dépasse, et de loin, tout entendement. Ce dont nous allons vous parler, c’est d’une remontée qui hante, encore 23 ans plus tard, le moindre supporter de la Paillade et ses environs.

Le football français ou le bug de l’an 1998

L’année 1998 restera sans nul doute comme un trou noir dans l’histoire du football français. Tel le bug de l’an 2000, il y a des choses qui ne s’expliquent pas. L’exercice précédent du championnat de France avait déjà vu le RC Lens et le FC Metz se disputer le titre. Avec pour meilleur buteur un certain Stéphane Guivarc’h. Déjà cette année 1998 annonçait un cru unique en son genre.

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Le 12 juillet, c’est au tour des Bleus de retourner le cerveau des Français et de créer une génération entière de footix. Jacques Chirac à sa tête. Un mois seulement après l’infamie de l’Équipe de France en finale de la Coupe du Monde, la Division 1 va nous proposer un scénario dont on parle encore plus de 20 ans plus tard. Lors d’un jour de fin d’été 1998 à Marseille, les Montpelliérains débarquent au Vélodrome pour la 3e journée. L’OM est censé jouer le titre. Le MHSC le ventre mou. On se dit que la rencontre sera à sens unique. Elle le sera. Comme jamais par le passé.

Le résumé du match OM – Montpellier

Les Héraultais n’attendent pas plus d’un quart d’heure pour faire plonger les Olympiens. Laurent Robert envoie un piqué en profondeur pour Bakayoko, qui ajuste Porato. Un but estampillé Olive et Tom. Moins de quatre minutes plus tard, le passeur se mue en buteur. 2-0. Puis Franck Sauzée, légende de l’OM, en profite pour inscrire le troisième comme s’il s’agissait de son jubilé. Alors quand Bakayoko y va de son doublé pour porter le score à 4-0, le MHSC se met tout bonnement à croire au titre.

Quatre buts inscrits en 19 minutes. Dont trois par des joueurs qui ont joué sous les couleurs de l’OM durant leur carrière. Le retournement de maillot par excellence.

Puis arrive la mi-temps. 4-0. Le presqu’remake de Lille – Nice lors du Galtierico. Si les tribunes se vident, les huées se font quand même sentir. Et au Vélodrome, comment dire, ça pique. Une pluie de 50 000 sifflets s’abat sur les Olympiens qui auraient certainement préféré évoluer à huis clos. Pourtant dans les vestiaires, l’ambiance est toute autre…

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« Rolland nous dit que s’ils avaient marqué quatre fois, on devait pouvoir le faire aussi au vu de nos armes. Et là, on se regarde avec les mecs et on se demande tous ce qu’il vient de fumer » É. Roy (So Foot)

À la sortie des vestiaires, le druide marseillais croise Louis Nicollin. Va s’en suivre une scène qui entrera à jamais dans les annales de la D1. Tandis que les deux hommes foulent la pelouse, le coach marseillais pose ses cojones sur la table. Taille patron.

« Qu’est-ce que tu me racontes ? On va gagner 5-4 ! » R. Courbis

 

MHSC, carte premium FFL d’office

Le match reprend. Alors qu’on s’attend à une furia de la part des Marseillais pour remonter au score, rien. Niet. Nada. Il faut attendre l’heure de jeu, et l’entrée de l’élément déclencheur : Christophe Dugarry. Qui aurait cru dire ça un jour ? N’empêche que son entrée va tout changer. Oui, absolument tout. Surnommé « Dugachy » par les supporters de l’OM depuis ses débuts plus que compliqués, le binôme de Zizou va vite faire taire les critiques. Du moins le temps d’une demi-heure. Une passe décisive pour Florian Maurice, et un doublé de la tête. Trois buts en 10 minutes. La monnaie de la pièce quoi.

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Puis à 5 minutes du terme, Éric Roy fusille Bruno Martini et égalise. Le Vélodrome est plus proche d’un volcan qu’une enceinte. Rares sont les endroits du stade où les fumigènes ne sont pas allumés. Et comme si c’était écrit, on joue la 90e minute quand Pirès prend le ballon aux abords de la surface et se fait faucher à l’intérieur par Serredszum (ne vous aventurez pas à le prononcer). Laurent Blanc pose le ballon et offre la victoire à l’OM. Mais une question persiste au coup de sifflet final : qui a réalisé un exploit ce soir-là ? L’OM ou Montpellier ? L’histoire de la poule et de l’œuf quoi.

« Déjà, rentrer aux vestiaires à la pause au Vélodrome avec 4 buts d’avance, face à cette équipe, ça relevait de l’impossible. Mais se faire rattraper et devancer en moins de trente minutes, on entrait dans l’irrationnel » J-C. Rouvière (Le Figaro)

Non, le MHSC entrait tout simplement dans les rangs du sport français.

Une remontée du siècle de l’OM qui a servi à walou

Milieu du terrain de Montpellier, Philippe Delaye ne comprend toujours pas. Même plus de 20 ans plus tard.

« Nous étions arrivés avec beaucoup de confiance, tactiquement très au point et sûrs de nos forces » P. Delaye (So Foot)

« Tactiquement très au point ». Lol. Alors logiquement, des années plus tard, tout le monde se demande ce qu’a bien pu dire coach Courbis à ses joueurs pour leur faire renverser la montagne montpelliéraine. Le mythe était déjà fou, la réalité l’est encore plus.

« À la pétanque, il y a des équipes qui perdent 12-0 mais qui continuent de jouer. Et de temps en temps, cela arrive qu’ils gagnent 13 à 12. En fait, j’ai parlé de pétanque, plus que de football » R. Courbis

Division 1 ou Ligue 1, nous t’aimons. En parlant du championnat, Montpellier reste fidèle à lui-même, et finit confortablement dans le ventre mou du classement. Une huitième place qui lui sied bien. À 8 points de la relégation, 5 de l’Europe. Pas trop haut, pas trop bas. Le centre par son excellence. Quant à l’OM, les Marseillais échouent à un petit point du titre cette année-là.

Tout ça pour ça.