H Cup | Le Racing de la Lose a encore frappé !


Tandis que les toulonnais ont brillamment montré la voie hier soir, aidés par un trou d’air de 19-0 en seconde mi-temps, le Racing n’avait plus qu’à imiter leurs compatriotes lors de la finale de H Cup. Chose faite avec brio. Et un suspens maîtrisé jusqu’à la dernière seconde du match. On peut désormais le dire fièrement : « l’art de craquer en finale » restera sous pavillon français (au moins) une année supplémentaire.

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À l’instar du Rugby Club Toulonnais hier, les franciliens n’ont pas résisté face à la tentation : un troisième revers en autant de finale. 2016, 2018, 2020. C’est désormais une tradition chez les Ciel et Blanc. Perdre une finale de Coupe d’Europe tous les deux ans. Les années passent, la saveur reste intacte.

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Le Racing débute de Travers

Afin de mettre toutes leurs chances de leur côté, les Racingmen décident de s’inspirer très tôt dans la partie des Varois. Voire un peu trop. Dès les premières minutes de jeu, voici Exeter qui aplatit le premier essai du match. On se dit alors que le Racing va réagir, le rugby étant une succession de temps forts. Mais Finn Russell ne l’entend pas de cette oreille. Réceptionnant le ballon dans son propre en-but, il ne parvient pas à le saisir et se met à jongler tel un virtuose du cirque. La scène est mythique. Mais le numéro s’avère être un flop. Il finit par faire tomber le ballon dans sa zone, échappant de peu à la correctionnelle. Le deuxième ligne anglais ayant commis un en-avant avant d’aplatir le ballon.

Mais pas de panique. Sur la remise en jeu qui suit, les charges incessantes des Chiefs viennent à bout des Ciel et Blanc. 16e minute, et déjà 0-14. Les finales françaises se suivent et se ressemblent. Mais comme les toulonnais, le Racing va entamer sa rébellion. On frôle le plagiat. Deux essais parisiens plus tard, notre enthousiasme du début de rencontre s’estompe. Et on commence à réfléchir sérieusement à la BASCULE pour visionner ce si agréable Reims – Lorient.

Mais il n’y a pas à dire, le Racing sait se faire désirer. Et nous scotcher devant la télé. Après une entame de rencontre parfaite, la conclusion du premier acte l’est tout autant. Prouvant une nouvelle fois leur totale maîtrise du fil de la rencontre, le club français se fait crucifier après le gong sur… des pick and go. Trois essais encaissés de la même manière. Comme le disait si bien Mandela : « Soit on perd, soit on apprend ». 12-21 au moment de rentrer aux vestiaires.

Russell tout en (Finn)esse

Seulement quelques minutes après le coup d’envoi, l’argentin Juan Imhoff intercepte le ballon au niveau de la ligne médiane et s’en va seul tel un filou. Mais tel un boucher, Henry Slade vient arracher la tête du pauvre sud-américain. Tandis qu’il s’attend à ce que Nigel Owens vienne le sanctionner d’un carton jaune pour plaquage haut, l’arbitre de la rencontre lui dit de ne plus recommencer. Les Chiefs d’Exeter étaient peut-être seize aujourd’hui. Certes. Mais à notre plus grand plaisir.

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On passe outre le troisième essai du Racing qui lui permet de recoller score (17-21). Pour mieux s’attarder sur le second cadeau de Russell. Acculé dans ses 22 mètres, le fantasque écossais tente tout de même une passe sautée pour lober trois anglais. Interceptée par Nowell qui mesure 1.80m, histoire que vous réalisiez la qualité de la passe. Essai d’Exeter moins de cent secondes après celui du Racing. 17-28.

Tomas Francis, le plus français des gallois

Mais les franciliens veulent perdre ce match d’un cheveu. On le sent. Et cinq minutes plus tard, Camille Chat surgit du maul tel un félin pour inscrire le quatrième essai de son équipe (24-28). Nous entrons alors dans le dernier quart d’heure. Les Ciel et Blanc poussent. Ils ont la maîtrise du match. Et ce qui devait arriver se produit. Vakatawa perfore la défense anglaise, pense aplatir le ballon mais est plaqué par l’arrière, à quelques mètres de la ligne. Le seum. Sur la phase de jeu suivante, Machenaud décide de jouer sur sa gauche, tandis qu’il y avait le surnombre francilien sur sa droite… Habile. Le demi de mêlée se rachète par une pénalité (27-28). Dix minutes à jouer…

La 72e minute est le tournant de la rencontre. La haute trahison qui ne passe pas. Rentré seulement dix minutes avant, le pilier d’Exeter Tomas Francis commet un en-avant volontaire juste devant sa ligne d’en-but. Cette fois Nigel Owens peut difficilement laisser le carton jaune dans sa poche (même si l’envie était là très certainement). Les Chiefs vont être à 14 contre 15 pendant les 10 dernières minutes. Les Racingmen y croient dur comme faire. Un seul point les sépare du plus beau succès de l’histoire du club.

Clermont, Toulon, Racing : même combat

« On a fini sur la ligne. C’est la parfaite image de la rencontre » H. Chavancy

Puis c’est le drame. Le Racing décide la pénal touche plutôt que de taper la pénalité. Dans les 22mètres anglais qui plus est. Le panache a parlé. Les franciliens enchaînent une dizaine de phases de jeu. Les avants finissent sur la ligne. Il n’y a plus qu’à progresser de quelques centimètres… Mais tout comme leurs homologues varois hier soir, les franciliens s’écroulent et perdent la possession du ballon. Le French Flair 2.0.

S’en suit alors près de quatre minutes de pick and go infernal. Le Racing ne verra plus jamais le ballon. Hormis lorsqu’Exeter transformera une dernière pénalité depuis le milieu de terrain. Voyant que l’arbitre s’apprête à siffler la fin de la partie, le banc d’Exeter commence à exulter, les joueurs anglais se congratulent, les français se tiennent la tête à deux mains. Mais impossible n’est pas français. Nigel Owens est soudainement pris d’un doute en regardant sa montre, et pose cette question à son assistant vidéo qui entrera à jamais dans les annales : « Au fait, est-ce que le match est bien terminé ? ». En finale de Coupe d’Europe ladies and gentlemen.

Face à cet imbroglio qui dure de longues minutes, les Racingmen se remettent à espérer, avant que le seizième homme des Chiefs ne vienne mettre fin à cette débâcle. Un dénouement dont même nos rêves les plus fous n’auraient pas osé aller si loin.

Le mot de la fin revient à Maxime Machenaud, à l’issue de la rencontre.

« Les finales ça se gagne. Malheureusement on en a encore perdu une… » M. Machenaud

Jamais deux sans trois Maxime.