Alors que l’OM se faisait chambrer pour son nouveau logo, le monde des échecs offrait un spectacle encore plus saisissant. Hikaru Nakamura, l’un des grands maîtres les plus respectés de la planète, vient de livrer une performance d’anthologie au Tournoi des Candidats 2026. Une heure et 7 minutes de méditation profonde pour jouer un coup qui lui a coûté la partie. L’art de la procrastination poussé à son paroxysme.
Quand la réflexion devient une œuvre d’art
Le Tournoi des Candidats, c’est le gratin mondial des échecs. Les huit meilleurs joueurs de la planète s’affrontent pour défier le champion du monde. Autrement dit, ce n’est pas vraiment l’endroit où l’on s’attend à voir quelqu’un battre des records de passivité. Mais à l’occasion de la cinquième ronde, lors du duel entre Javokhir Sindarov et Hikaru Nakamura, ce dernier a visiblement décidé de révolutionner le concept. Pourquoi jouer vite quand on peut transformer chaque coup en épopée philosophique ?
Nous sommes au treizième coup de la partie. Nakamura contemple l’échiquier comme s’il cherchait le sens de la vie. Il aura fallu au deuxième meilleur joueur d’échecs au monde pas moins de 67 minutes et 44 secondes pour déplacer un simple pion. Un presque record dans l’histoire du jeu d’échecs moderne. Il n’est devancé que par les 72 minutes d’Aleksandr Grichtchouk, chef-d’œuvre survenu en 2021.
Mais ce qui rend cette performance encore plus savoureuse, c’est la suite. Après cette méditation digne d’un moine tibétain, Nakamura joue le coup… qui lui fait perdre la partie. L’ironie est délicieuse : plus de 60 minutes de calculs pour aboutir à la solution qui ne fonctionnait pas. 67 minutes pour s’auto-saboter. C’est beau comme du Beethoven qui rate sa symphonie après avoir accordé son piano pendant trois heures.
Échec et mat pour Hikaru Nakamura au Tournoi des Candidats 2026, après avoir battu un record de passivité en réfléchissant durant 67 minutes et 44 secondes sur son 13ème coup. pic.twitter.com/PeSSThY1Ku
— 75 Secondes 🗞️ (@75secondes) April 4, 2026
Dans un monde où tout va trop vite, Nakamura nous rappelle qu’il est possible de prendre son temps. Même si c’est pour se tirer une balle dans le pied avec une précision chirurgicale.
