Moto GP | Quartararo n’a plus le titre en ligne de Mir


Rarement le championnat du monde de Moto GP n’avait été aussi ouvert. Parmi les prétendants, le français Fabio Quartararo pouvait sereinement envisager de décrocher le titre mondial cette saison. Auteur de trois succès, dans un championnat qui compte neuf vainqueurs différents, une occasion en or se présentait devant le jeune niçois de 21 ans. Mais ça, c’était avant de craquer monumentalement sur la dernière course. Et de dire adios au titre. Le GP d’Europe comme si vous y étiez.

Si le Fabio Quartararo remporte les deux premières courses de la saison, on se dit que sa douteuse consonnance italienne n’y est pas pour rien. Alors lorsqu’il glane le Grand Prix de Catalogne, et reprend la tête du classement avec huit points d’avance sur Joan Mir, c’est tout juste si on ne décide pas d’appeler le consulat italien pour vérifier quelques documents de naissance.

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Mais très vite, le pilote va nous montrer de quel bois français il se chauffe. Alors qu’il est censé se battre pour le titre, Quartararo nous propose une chute en trois temps. Un triptyque fascinant. À domicile tout d’abord. Une brillante 9e place sous la pluie du Mans. Suivie d’une gifle aragonaise. En essais libres dans un premier temps, en s’illustrant par une chute acrobato-artistique.

Puis en course, le français nous sort une copie parfaite. Parti en pole position, le pilote Yamaha perd 17 places en 23 tours. Difficile de faire mieux. Et c’est une 18e place qui l’attend à l’arrivée. Une remontada inversée que personne n’avait anticipé. Mais que le niçois se rassure, la gifle aragonaise sera finalement double. Une anonyme 8e position lors de la seconde course la semaine suivante. Décadence.

« El Diablo » en mode guerrier

À la lutte pour le titre avant de se rendre à Valence, Fabio Quartararo ne compte que 14 points de retard sur le leader, Joan Mir. Tandis qu’il ne reste que trois manches à disputer, chaque Grand Prix relève d’une importance vitale. Reçu cinq sur cinq par le français. Dès les qualifications, ce dernier s’illustre par une onzième place sur la grille. L’excuse de la piste mouillée est bien évidemment l’arbre qui cache le désastre à venir.

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Avant la course, Quartararo continue d’entretenir le mystère. Révolté comme jamais, il se déclare « prêt pour la guerre » sur son compte Twitter. Quand on connaît l’issue finale, on se dit que c’était peut-être un chouilla présomptueux.

La guerre n’aura duré qu’un tour

Le départ est lancé. Le français gagne deux places. On se dit alors que la remontée ne sera peut-être pas inversée aujourd’hui. Nous avons parlé trop tôt. Dès le huitième virage, Aleix Espargaro chute de sa moto. Bien évidemment, il n’y a que Quartararo pour venir imiter l’espagnol juste derrière lui. Sous la pluie, sous le sec, le résultat est le même.

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La chute sous tous ses angles.

Le français ne lâche pas pour autant l’affaire. Il remonte sur son bolide et reprend la course en dernière position. Isolé d’une trentaine de secondes de ses adversaires. À la faveur de nombreux abandons, il termine la course en 14e position. Devant, comme si sa chute ne suffisait pas, Fabio voit son principal rival Joan Mir grimper de la cinquième place à la tête de la course. Mir empoche 25 points, Quartararo 2. Ou comment bazarder un titre mondial de Moto GP. Au classement, le français ne compte plus 14 mais 37 points de retard sur l’espagnol. Alors qu’il ne reste que deux Grands Prix à disputer.

« Fabulous Fab » dit adieu au titre

Après la course, le pilote français se montre plus lucide devant la presse que dans le virage n°8.

« J’ai perdu le championnat aujourd’hui, je suis très triste » F. Quartararo

Mais son esprit français refait très vite surface. Ces places d’honneur si ancrées dans notre tradition nationale…

« Même si ce n’est pas fini, on va essayer d’assurer la deuxième place » F. Quartararo

Toutefois, il n’est même pas certain d’y parvenir. Égalité avec Alex Rins, le pilote Suzuki n’est pas vraiment sur la même dynamique que Quartararo. L’espagnol a engrangé 65 points sur les 75 derniers possibles. Fabio ? 10.

Et comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, le prochain Grand Prix aura lieu la semaine prochaine… sur le même circuit de Valence.

Vers un cinquième craquage consécutif ?