Franchir la ligne d’arrivée de son premier marathon les bras levés, le sourire aux lèvres et les jambes encore fraîches ? Quelle drôle d’idée. Pour celles et ceux qui préfèrent les souvenirs épiques, on a rassemblé les dix méthodes les plus fiables pour transformer 42,195 km en une expérience inoubliable, pour toutes les mauvaises raisons. Tu nous remercieras au 35e kilomètre.
1. S’inscrire trois semaines avant le départ
Pourquoi s’embêter avec des mois de préparation ? Trois semaines, c’est largement suffisant pour passer du footing du dimanche à 42,195 km. Le corps s’adaptera en route. Enfin, il essaiera.
Bon, dans la vraie vie, la plupart des plans d’entraînement marathon s’étalent sur 12 à 16 semaines, avec une base de footing déjà solide. Mais où serait le suspense ?
2. Viser un chrono de champion
Pour un premier marathon, viser simplement l’arrivée manque d’ambition. Le raisonnement est imparable : si Sabastian Sawe a couru la distance en 1h59’30 (record du monde, à Londres en 2026), tu peux bien la boucler en moins de trois heures. Une heure de marge, c’est énorme.
3. Zapper les sorties longues
La sortie longue du dimanche, c’est long, c’est ennuyeux, et ça empêche de profiter du brunch dominical. Autant découvrir l’effort prolongé le jour de la course, avec des milliers de spectateurs pour t’encourager.
Zapper ces sorties-là, c’est l’assurance de découvrir la fin du parcours en marchant, ça laisse le temps de profiter encore mieux du paysage et de l’ambiance de la course.
4. Faire une grosse séance la semaine de la course
Trois mois de préparation, et à cinq jours du départ, le doute s’installe : et si tu n’en avais pas fait assez ? Rien de tel qu’une dernière sortie de 30 km ou une séance de fractionné bien appuyée pour se rassurer. Tes jambes arriveront lourdes sur la ligne de départ, mais au moins tu auras la conscience tranquille.
5. Étrenner le jour J des chaussures achetées la veille, au prix fort
Pourquoi anticiper son équipement quand le village de la course a tout ce qu’il te faut ? La veille du départ, on remplit le panier : chaussures à plaque carbone, montre GPS dernier cri, veste coupe-vent, ceinture porte-gels. Le tout au prix fort, évidemment. Et le lendemain matin, les chaussures sortent de la boîte : quoi de mieux pour faire connaissance ? Tu as 42,195 km pour les découvrir, et les ampoules se chargeront du reste. Une vraie rencontre, qui laisse des traces.
En pratique, mieux vaut s’équiper plusieurs semaines avant la course. Ça laisse le temps de comparer les prix sur un comparateur dédié au running (une même paire peut coûter plusieurs dizaines d’euros de moins d’un site à l’autre), et d’habituer ses pieds à leurs souliers de course.
6. Fêter la course la veille au soir
La veille, c’est la fameuse pasta party : autant en profiter. Troisième assiette de pâtes, dessert, et une soirée qui s’éternise avec les copains à refaire le parcours kilomètre par kilomètre. Au moment de te coucher, il est minuit passé et tu as le ventre bien plein. Tu as déjà fêté ta course, il ne reste plus qu’à la courir.
7. Partir sur les bases de son record du 10 km
Ton record sur 10 km, c’est ta meilleure référence. Pourquoi ne pas t’en servir ? Tu pars donc sur la même allure, porté par la foule et l’adrénaline. Au semi, tu fais le calcul : à ce rythme, ton chrono final sera historique. Au 30ᵉ kilomètre, tu refais le calcul. Au 35e, tu arrêtes de calculer.
8. Snober les ravitaillements
Boire et manger, c’est du temps perdu. Les ravitaillements défilent, tu les ignores.. Ça te permettra de gagner au moins… douze secondes. Mais surtout de finir les dix derniers kilomètres en marchant. C’est smart.
9. Croire que le mur du 30ᵉ kilomètre est une légende
Le fameux mur ? Une histoire inventée par les marathoniens pour se rendre intéressants. Jusqu’au moment où, quelque part entre le 30ᵉ et le 35e kilomètre, tes jambes refusent soudain de suivre ce que ta tête leur demande. Le mur existe. Et il t’attendait.
10. Prendre un raccourci
Si vraiment rien ne va, il reste la méthode Fred Lorz. Aux Jeux olympiques de Saint-Louis, en 1904, l’Américain a fait une partie du parcours en voiture avant de franchir la ligne en vainqueur, acclamé par la foule. La supercherie a été découverte, et il a été disqualifié.
D’autres ont fait preuve de plus d’imagination, comme le raconte La DH dans son article sur les rois de la triche. Au marathon de Bruxelles 1991, le vainqueur avait fait courir son entraîneur à sa place sur les douze premiers kilomètres, avant un échange de dossard discret. C’est une moustache, visible au départ et disparue à l’arrivée, qui a éveillé les soupçons.
Aujourd’hui, entre les puces électroniques et les caméras, l’option raccourci est fortement déconseillée. La fausse moustache aussi.
Et si, malgré tout, tu finis ?
Si, en dépit de tous ces conseils, tu franchis quand même la ligne, toutes nos condoléances : tu as raté ta tentative de foirer ton marathon.
Et si tu la franchis soutenu par deux bénévoles, console-toi avec Dorando Pietri. Aux Jeux de Londres, en 1908, l’Italien s’est écroulé à plusieurs reprises dans le stade avant d’être aidé à franchir la ligne. Disqualifié, il est pourtant entré dans la légende. Comme quoi, même raté, un marathon peut finir en réussite.
