France Israël 93 | L’humiliation trop souvent oubliée


France Israel 1993
La bible de la Lose du sport français

Le 13 octobre 1993,  la France subissait l’une des défaites les plus humiliantes de l’histoire du football tricolore, face à Israël. Et pourtant, cette défaite passe en second plan dans la mémoire populaire, car elle sera suivie d’une des plus grosses climatisations jamais subie sur notre sol : la frappe de Kostadinov, au parc des Princes, un 17 novembre 1993.

Une préparation optimale

C’est donc dans ce même Parc des Princes qu’un mois plus tôt la France accueille l’équipe d’Israël. Une lointaine époque, où la France n’avait  remporté qu’une compétition majeure, l’Euro 84. Le contexte est limpide pour nos bleus : pour ce match France Israël, une victoire nous assure la qualification pour la Coupe du Monde aux USA et un nul nous suffirait si le scénario des autres matchs est favorable.

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En face de nous, une sélection israélienne faible. Très faible. Très très faible. Zéro victoire depuis 1 an et demi (série en cours de 17 matchs), et seulement 2 petits points glanés en 7 matchs de qualifications. A l’aller, la France s’était imposée tranquillement 4-0 à Tel Aviv. Le contexte est parfait pour faire germer la graine de l’autosuffisance et in fine de la lose à la française.

L’ensemble des joueurs et dirigeants sont venus mains dans le slip, en claquettes chaussettes. Tous les éléments pour une grosse fête populaire sont déjà présents. Une bannière étoilée est brandie dans les vestiaires et « L’Amérique » de Joe Dassin résonnent dans les hauts parleurs du Parc des Princes.

 

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Du côté de Gerard Houllier, le sélectionneur de l’époque, les phrases sont conjuguées au futur : « Dès que nous serons qualifiés, il faudra construire l’Amérique à chaque match. Et nous le ferons. ». Pour l’after, tout est déjà prévu : Champagne au frigo et boîte de nuit réservée après la formalité sur le terrain.

« Question souffle et intensité, vous n’allez pas être déçu, croyez-moi ! »
Gerard Houiller, avant le match.

France Israël, le finish parfait

Le terrain, parlons en finalement. Déjà qualifiés dans la tête, les bleus n’y sont pas sur la pelouse. Une pluie battante, contrairement à eux, qui ne laisse pas place à un jeu léché, peu voire pas d’engagement sur le terrain et des israéliens qui n’ont strictement rien à perdre. Le combo parfait, en définitive. La France encaisse un premier but après une séquence défensive foireuse : Desailly balance en touche face à un pressing en mousse, Alain Roche (déjà lui) défend mollement sur un attaquant qui a tout le temps de centrer, remise de la tête et but d’Hazan.

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Le travail accompli, Roche peut se blesser et céder sa place au jeune Lizarazu. La suite sera pourtant plus compliquée pour nous, avec une égalisation de l’ancien commentateur de Fifa, Franck Sauzée, sur une passe de Ginola, puis une mirabelle sublime de ce même Ginola lucarne opposée. Mais ce dernier, vous le savez bien, ne sera pas le héros de la qualification.

En effet, dans les 10 dernières minutes, l’inimaginable se produit. Emmanuel Petit est au duel avec Ronny Rosenthal. L’attaquant israélien avance, s’approche du but… et s’en est trop pour Laurent Blanc, qui décide de tacler Petit et laisser sa chance à son adversaire. Après un cafouillage un peu suspect, c’est Berkovitch qui trouvera les filets, malgré la belle détente de Marcel Desailly.

Et juste après, le même Rosenthal décide de faire un sprint côté gauche, en mode à bloc sur R2,  qui laisse de marbre les défenseurs français, et centre malgré l’intervention en saut de cabri de Laurent Blanc, encore lui (Pas étonnant que 26 ans plus tard Houiller ait soufflé le nom de Garcia et pas le sien aux oreilles de Jean Michel Aulas). Passe en retrait, efficacité. France Israël 2-3. Fin du match.

Pour revivre cet exploit, c’est par ici.

Les prémices d’une légende

La climatisation est totale. Le Parc et les joueurs se voyaient déjà qualifiés, il faudra passer par la case Bulgarie. Pour la finalité que vous connaissez maintenant. Ce match restera un des plus aboutis pour la FFL. Aucune envie, un manque absolu de respect de l’adversaire.

L’histoire ne saura jamais si le champagne au frais dans les vestiaires a été tout de même bu. Par contre, la boite de nuit réservée pour fêter la qualification verra tout de même les joueurs s’y amuser dans la nuit. Fallait pas gâcher la réservation quand même.