Olympique de marseille
Redouane BOUGHERABA during the Ligue 1 Uber Eats match between Marseille and Paris Saint-Germain at Oragne Velodrome, Marseille on March 31, 2024 in Marseille, France.(Photo by Johnny Fidelin/Icon Sport) - Photo by Icon Sport

105 millions de pertes : l’OM enfin premier d’un classement


Il aura fallu attendre des années, mais l’Olympique de Marseille tient enfin sa première place. Pas au classement de Ligue 1, ni dans une compétition européenne. Non, dans celui des pertes nettes. Avec un déficit de 105 millions d’euros sur le seul exercice clos en juin 2025, le club phocéen a signé une performance que personne dans le football français n’avait osé viser.

Et comme toute grande équipe, l’OM a construit ce succès dans la durée. Le déficit s’élevait à 12,7 millions en 2022-2023, puis 39,1 millions en 2023-2024, avant d’exploser à 105 millions la saison suivante. Une progression constante, régulière, presque scientifique. Sur trois exercices, le total atteint 157 millions d’euros de pertes nettes selon la DNCG. Peu de clubs peuvent se targuer d’une telle constance dans l’effort.

Parier sur l’OM, un exercice devenu limpide

Lettre d’information

LIKE WHAT YOU'RE READING?
subscribe to our top stories

Don't worry, we don't spam

Bonne nouvelle pour les amateurs de pronostics : la lecture des matchs marseillais n’a jamais été aussi simple. Un effectif vendu à la découpe, une masse salariale à réduire de 40 %, douze joueurs officiellement poussés vers la sortie et aucune recrue tant que les caisses ne sont pas renflouées.

Les bookmakers proposent des marchés sur la victoire de l’adversaire, et rarement une équipe n’aura autant facilité le travail des parieurs. Ceux qui veulent tenter leur chance sur les prochaines sorties olympiennes trouveront le meilleur code promo 1xBet aujourd’hui en 2026. Attention toutefois, la FFL décline toute responsabilité en cas de sursaut d’orgueil, ça arrive parfois.

Une saison sans trophée mais avec deux amendes

Le 17 juin dernier, l’UEFA a récompensé la gestion du club à sa juste valeur. Le club a écopé de 10 millions d’euros d’amende, répartis en deux volets. Six millions pour n’avoir pas respecté l’accord de règlement signé en 2022, qui prévoyait de contenir le déficit sous les 60 millions sur trois saisons. Et quatre millions supplémentaires pour avoir trop payé ses joueurs.

Ce dernier point mérite qu’on s’y arrête. Marseille a donc été sanctionné financièrement pour avoir versé des salaires excessifs à des joueurs qui n’ont ramené aucun titre. Il fallait le faire. Le club repart également avec une exclusion des compétitions européennes assortie du sursis, soit à ce jour la seule distinction continentale décrochée cette saison.

La grande braderie de l’été

Le 26 juin, la DNCG a placé le club sous encadrement de sa masse salariale et de ses indemnités de transfert. Traduction : Marseille doit vendre avant de pouvoir acheter quoi que ce soit. Le président du directoire Stéphane Richard, arrivé le 2 juillet, a fixé l’objectif à 80 millions d’euros de ventes d’ici juin 2027, dont 50 à 60 dès cet été. Certaines sources évoquent même un total à atteindre de 150 millions.

À lire aussi :  Football | Le double champion en titre de Colombie se fait éliminer par sa propre réserve

Les premiers départs sont actés. Facundo Medina a rejoint le Bayer Leverkusen contre 23 millions d’euros assortis de deux millions de bonus. D’autres suivront, à commencer par les joueurs les plus chers, qui sont aussi les meilleurs. C’est là toute la subtilité du plan : pour redevenir compétitif, il faut d’abord se séparer de ceux qui rendaient l’équipe compétitive.

Frank McCourt, propriétaire depuis 2016, exige de son côté une réduction de 40 % de la masse salariale, laquelle devrait passer de 160 millions à moins de 100 millions d’euros. Il refuse par ailleurs de réinjecter des capitaux. Les supporters apprécieront la clarté du message.

Le cercle vertueux, version marseillaise

Le mécanisme mérite d’être détaillé, tant il est élégant. L’absence de qualification européenne prive le club de recettes. Ce manque à gagner creuse le déficit. Le déficit déclenche les sanctions. Les sanctions imposent de vendre les meilleurs joueurs. La vente des meilleurs joueurs affaiblit l’équipe. L’équipe affaiblie ne se qualifie pas pour l’Europe.

Et le cycle recommence, avec la régularité d’un métronome. À ce stade, il ne s’agit plus vraiment d’une crise mais d’un modèle économique parfaitement rodé.

Le précédent qui fait peur

L’histoire récente fournit une comparaison qui refroidit. En 2021, les Girondins de Bordeaux avaient été placés sous encadrement par la DNCG, contraints de brader leur effectif, et avaient frôlé la relégation avant de sombrer.

Bordeaux évolue aujourd’hui en National 2. Marseille dispose encore du deuxième budget de Ligue 1, avec environ 280 millions d’euros, ce qui laisse une marge confortable avant d’en arriver là. La trajectoire, en revanche, a des airs familiers. Et le club a prouvé ces trois dernières années qu’il savait battre ses propres records.

Rendez-vous à la fin du mercato pour savoir combien de titulaires auront été vendus. Le classement des pertes, lui, sera mis à jour l’été prochain. L’OM y défendra son titre.

Louis Roulet